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Eau pluviale (HU)

De Wikigeotech

Traduction anglaise : Storm water

Dernière mise à jour : 31/3/2020

Eau de ruissellement résultant des précipitations atmosphériques. En zone urbanisée ces eaux sont le plus souvent introduites dans le système d’assainissement.

Sommaire

Complexité de la notion d'eau pluviale

Cette définition simple recouvre en réalité un concept extrêmement complexe et finalement l’eau pluviale est une matière que l’on ne rencontre que rarement, voire qui traduit un concept relativement théorique. Le résultat est que, dans la plupart des cas, on appelle eau pluviale une eau qui s’éloigne plus ou moins de la définition précédente. Ceci explique en partie que les discours sur la pollution de l’eau pluviale sont aussi variés

Eau de pluie et eau de ruissellement

Il y a d’abord l’eau de pluie qui provient de l’atmosphère et qui, lorsqu’elle atteint les toits ou le sol, s’est chargée en polluants au contact des aérosols ou parce que les gouttes de pluie ont dissous des molécules gazeuses. Seule une partie de cette eau de pluie va devenir une eau pluviale au sens de la définition précédente, l’autre partie restant stockée en surface et s’évaporant. Il s’agit de la partie qui va ruisseler sur le sol en direction d’un système d’assainissement, et que l’on appelle eau de ruissellement. Les eaux de ruissellement vont se charger en nouveaux polluants au fur et à mesure qu’elles vont lessiver et éroder les surfaces urbaines, les sols revêtus en particulier. La charge en polluants des eaux de ruissellement sera donc différente de celle de l’eau de pluie.

Eau de pluie, eau pluviale et eau de ruissellement; Crédit photo : Bernard Chocat.

Eau pluviale et eau unitaire

Dans un système classique d’assainissement par réseau, l’eau de ruissellement va assez rapidement être collectée, d’abord par un réseau de surface de fossés et de caniveaux, puis dans un réseau souterrain de conduites. C’est à ce moment qu’elle va devenir eau pluviale au sens strict. Elle se sera donc au préalable contaminée par les dépôts accumulés sur les surfaces urbaines et dans ces différents ouvrages pendant la période sèche précédente. Sa pollution sera plus importante et diversifiée que celle de l’eau de pluie. De plus beaucoup des polluants se seront rapidement adsorbés en grande partie sur les particules solides fines. Sa qualité se sera donc encore dégradée par rapport à celle des eaux de ruissellement et elle va continuer à évoluer au fur et à mesure qu’elle va progresser dans le réseau.

De plus, il existe très peu de réseaux séparatifs pluviaux stricts. Dans la plupart des cas, cette eau va donc très vite se mélanger avec des eaux usées et passer du statut d’eau pluviale à celui d’eau unitaire ou d’eau résiduaire.

Eau pluviale et eau d'infiltration

Ce statut précaire est encore aggravé par deux facteurs :

  • une partie de l’eau de pluie qui s’infiltre dans le sol des villes, et qui n’a donc jamais été eau de ruissellement, va quand même finir par rejoindre le système d’assainissement ; il s’agit des eaux parasites d’infiltration, dont la qualité pourra être meilleure que celle de l’eau de pluie elle-même du fait du rôle de filtre ou d’interception des particules solides que joue le sol. Ces eaux parasites d’infiltration se distinguent théoriquement des eaux pluviales par le fait qu’elles mettent beaucoup plus de temps à rejoindre le système d’assainissement. En pratique, les deux composantes ne sont pas toujours aussi faciles à séparer ;
  • les systèmes modernes de gestion des eaux pluviales privilégient la gestion locale de l’eau de pluie. Il devient donc de plus en plus difficile de faire la différence entre l’eau qui s’infiltre dans un ouvrage d’assainissement comme une noue et celle qui s’infiltre "naturellement" dans la pelouse juste à côté de la noue.


Pollution des eaux pluviales

L’utilisation de la terminologie d’eaux pluviales nécessite donc beaucoup de précaution, en particulier lorsque l’on parle de leur pollution.

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