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Conduite (HU)

De Wikigeotech

Traduction anglaise : Pipe

Dernière mise à jour : 20/4/2019

Ouvrage fermé d'écoulement des eaux, capable de transporter un fluide d'un point à l'autre.

Sommaire

Différentes formes de conduites

Les conduites utilisées dans les systèmes d’assainissement peuvent avoir des formes extrêmement diversifiées : circulaire, ovoïde, semi-elliptique, carrée ou rectangulaire, à banquette, etc.

Conduites circulaires

L'utilisation de canalisations circulaires est systématique pour les petites sections. Cette forme présente en effet l'avantage d'être simple à préfabriquer de manière industrielle, ceci en différents matériaux (béton, béton armé, grès, PVC, etc.) ; elle est donc d'un coût plus réduit que les autres.

Elle peut également être utilisée pour les grosses sections (le collecteur d'Achères a trois mètres de diamètre), en particulier lorsque l'on utilise des techniques de travaux sans tranchées (fonçage, micro-tunnelier, etc.) ; voir Circulaire (conduite).

Elle présente cependant deux inconvénients :

  • faible vitesse d'écoulement lorsque la section est peu remplie, donc problèmes potentiels d'autocurage ;
  • difficulté de manutention dans le cas d'éléments préfabriqués dont le poids croît très vite avec le diamètre ; cette difficulté est liée au fait que la conduite soit préfabriquée et non à sa forme.

Conduites ovoïdes

Cette forme de conduite a été proposée par A. Caquot afin d'obtenir une vitesse d'écoulement aussi constante que possible quel que soit le débit et favoriser ainsi l'autocurage (voir Figure 1).

Figure 1 : Profil de conduite ovoïde proposée par Caquot ; Source : Bertrand-Krajewski.

Ce type de forme présente deux autres avantages :

  • du fait de leur faible largeur elles occupent moins de place dans l'espace public et nécessite des tranchées de plus petite largeur ;
  • à section égale elles sont plus hautes qu'une conduite circulaire (un ovoïde de 1,3 mètres de hauteur, considéré comme semi-visitable, a une section sensiblement équivalente à celle d'un circulaire de 0,7 mètres de diamètre) ce qui facilite leur accessibilité.

Cette idée a été largement reprise partout en Europe et cette forme de conduite a été très largement utilisée. Cependant, malgré de nombreux efforts de normalisation, il existe une quantité très importante de formes d'égouts ovoïdes.

Collecteurs à banquette

En prévision de l'évacuation des débits de temps sec, on peut également améliorer les conditions d'écoulement en aménageant dans la partie inférieure de la section, une rigole de faible largeur, appelée cunette. Celle-ci est destinée à recevoir les eaux usées qui s'écouleront à une vitesse importante du fait de la petite taille de la section, retardant ainsi l'ensablement. Une ou deux banquettes longent la cunette (voir figure 2). Elles peuvent servir d'accès au personnel d'entretien pour la visite du réseau. Elles permettent un passage à sec en l'absence d'eaux pluviales. Dans ce cas la hauteur de dégagement au dessus de la banquette doit être suffisante pour permettre le passage d'un homme debout. La forme des égouts à banquette est très variable car elle dépend de facteurs multiples : débit de temps sec (qui détermine la section de la cunette), débit de temps de pluie (section totale de l'ouvrage), moyens de curage disponibles (largeur de la cunette et des banquettes), encombrement du sous-sol, etc..

Figure 2 : Coupe d'une conduite avec banquettes aménagées de part et d'autre d'une cunette centrale.

Caractéristiques des conduites et matériaux utilisables

Quelle que soit sa forme, une conduite d'assainissement est destinée à véhiculer sous terre une eau plus ou moins polluée. Elle doit donc répondre à plusieurs caractéristiques :

  • résister aux sollicitations mécaniques (poids des terres et surcharges, poussées, tassements différentiels, etc.) ;
  • être étanche pour ne pas polluer les nappes d'eau souterraines et limiter les infiltrations d'eaux parasites ;
  • être inerte pour ne pas se corroder sous l'action des polluants ;
  • être lisse pour faciliter l'écoulement.

Différents matériaux peuvent être utilisés. Pour les réseaux d'eaux usées, les matériaux les plus utilisés sont la fonte, le grès et de plus en plus souvent le PRV (polyester renforcé de fibres de verre). Le béton armé est de plus en plus réservé aux collecteurs d’eaux pluviales, notamment pour les plus grandes dimensions. Le PVC se rencontre fréquemment pour les diamètres plus réduits (inférieurs à 800 mm) et généralement posés à faible profondeur, aussi bien pour les eaux usées que les eaux pluviales. On recourt aussi quelquefois au polypropylène. Le PEHD (polyéthylène haute densité) est utilisé pour les refoulements de petit diamètre et pour les émissaires en mer, associé à un lestage généralement en béton armé. Le béton non armé n’est plus utilisé. La maçonnerie (en particulier la maçonnerie en brique) a également été utilisée en France au XIXème  siècle. Le fibrociment (ou amiante-ciment), beaucoup posé dans les années 60-70, n’est plus disponible sur le marché. Le recours à l'acier se limite à des situations particulières, notamment pour les émissaires en mer (avec des protections intérieures et externes), voire rarement, pour les systèmes sous pression. Les conduites devraient toujours être raccordées avec les joints flexibles pour tenir compte des déplacements possibles. Les conduites elles-mêmes peuvent être classées comme flexibles (autorisant les déformations) ou rigides, selon le matériau utilisé.

Bibliographie :

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