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Changement climatique (HU)

De Wikigeotech

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Traduction anglaise : Climate change, Climatic change

Dernière mise à jour : 26/05/2026

De façon générale, modification durable des paramètres statistiques (moyennes et variabilité) du climat global de la Terre et/ou de ses divers climats régionaux.

Nota : Cet article est un article introductif et les principaux impacts du changement climatique sur l'hydrologie, les milieux aquatiques et les usages de l'eau font l'objet d'articles spécifiques.

Sommaire

Question de vocabulaire

L'expression "changement climatique" est surtout utilisée depuis quelques années pour désigner l’évolution actuelle du climat due à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, elle-même due aux activités humaines (Changement climatique anthropique). Elle est préférable à celle de "réchauffement climatique" car l'augmentation des températures (voir figure 1) ne constitue pas le seul élément de ce changement.

Certains préfèrent le terme "dérèglement climatique" à celui de "changement climatique" car il met l'accent sur le caractère à la fois non naturel, imprévisible et dangereux des évolutions.

Pour clarifier le vocabulaire, mais sans réellement trancher, les Nations Unies et le GIEC ont proposé d’utiliser le terme "fluctuation climatique" pour parler des variations naturelles du climat et de réserver "changement climatique" pour parler du dérèglement climatique dû aux activités humaines.

En tout état de cause, il a été démontré de façon certaine que ce changement est lié aux émissions de gaz à effet de serre (forçage anthropique). Les modèles permettent en effet de simuler ce qu’auraient été la température sans les émissions anthropiques liées à l’ère industrielle. C’est ce qu’illustre également la figure 1.


Figure 1 : Évolution des moyennes annuelles de température moyenne de la planète depuis le milieu du XIXème siècle ; Source : Chiffres clés du climat : France, Europe et Monde, 2025.


Importance du changement climatique pour notre société et notre planète

Le dernier rapport de synthèse du GIEC, publié en décembre 2023, nous met clairement devant nos responsabilités : soit nous réagissons de façon forte et très rapide et il est alors possible de maintenir la hausse des températures dans des fourchettes que nous arriverons potentiellement à gérer, soit nous n'y parvenons pas et nous entrerons dans une évolution totalement imprévisible qui conduira à une transformation profonde du monde que nous connaissons (figures 2).


Figure 2 : Le niveau de réchauffement et de transformation du monde que connaîtront les générations actuelles et futures dépend des choix qui sont faits aujourd'hui à court terme ; Source : Rapport de synthèse du GIEC 2023.

La situation peut encore évoluer de façon à produire un avenir durable, mais les possibilités d'évolution favorable se réduisent rapidement si les actions nécessaires ne sont pas prises rapidement (figure 3).


Figure 3 : Plus le temps passe et plus les possibilités de rejoindre un monde "vivable" se raréfient ; Source : Rapport de synthèse du GIEC 2023.

Dans tous les cas, avec le changement climatique, la planète sort de plusieurs milliers d’années de stabilité pour entrer dans le monde de l’instabilité, et nous avons l'obligation d'en tirer les conclusions, en particulier en termes de gestion de l'eau (voir § "Impacts du changement climatique en hydrologie").

Différences entre changement climatique mondial et changement climatique local

Une première différence importante et souvent méconnue est la différence entre l'évolution à l'échelle de la planète et ses conséquences sur les continents. Les océans ont en effet une inertie thermique beaucoup plus forte que les terres immergées et les conséquences climatiques, en particulier en terme de réchauffement, sont donc amplifiées sur les continents (figure 4).


Figure 4 : L'augmentation moyenne de température est amplifiée sur les continents ; Source : .

De plus, le changement climatique n'a pas les mêmes effets partout sur la planète, et certaines régions sont (et seront) beaucoup plus affectées que d'autres. Ceci est vrai pour l'augmentation des températures (par exemple l'augmentation des températures a été beaucoup plus forte au cours des 70 dernières années en Arctique et en Europe que sur le reste de la planète, voir figure 5), mais également pour toutes les autres variables climatiques et en particulier la pluviométrie.


Figure 5 : Évolution observée température moyennes entre 1945 et 2025 ; Source : ERAS.

Les conditions locales (relief, distance à la mer, etc.) sont également à l'origine de micro-climats à des échelles spatiales beaucoup plus réduites, échelles auxquelles les conséquences peuvent être encore amplifiées.

Enfin, les variables climatiques globales, comme la température moyenne ou la pluviométrie annuelle, ne donnent qu'une image très simplifiée des conséquences du changement climatique. Le changement global peut en effet affecter chacune des composantes météorologiques dans des proportions très supérieures aux valeurs moyennes (vagues de chaleur, périodes de sécheresse, pluies catastrophiques, etc.).

Agir pour lutter contre le changement climatique

La lutte contre le changement climatique s’appuie sur deux stratégies complémentaires et indissociables pour réduire et maîtriser les risques associés :

  • L’atténuation a pour objectif de limiter les émissions de gaz à effets de serre et ainsi de réduire les évolutions climatiques dans le futur ;
  • L’adaptation est complémentaire des actions d’atténuation ; elle vise à adapter les sociétés humaines aux climats actuel ou attendu ainsi qu’à ses conséquences, afin d’en réduire les impacts (figure 6).


Figure 6 : atténuer = diminuer l'impact de notre société sur le climat et limiter le changement climatique ; s'adapter = diminuer l'impact du changement climatique sur notre société ; Source : https://www.eaufrance.fr/agir-pour-lutter-contre-le-changement-climatique.

Méthodes d'atténuation

Pour limiter l'importance du changement climatique, la solution la plus simple consiste à réduire les quantités de gaz à effet de serre (GES) présentes dans l'atmosphère. Deux familles de méthodes sont envisageables :

  • réduire les émissions à la source  : le levier principal consiste à diminuer la consommation des énergies fossiles (énergies produites à partir du charbon, du pétrole ou du gaz naturel) dont l’utilisation est la principale source d’émission de GES :
    • en les remplaçant par des énergies dites "renouvelables" (EnR) : éolien, photovoltaique, etc., ou "de substitution" (aux fossiles), incluant notamment le nucléaire,
    • en améliorant l’efficacité énergétique des transports et des bâtiments,
    • en modifiant les modes de vie,
    • etc. ;
  • favoriser le piégeage des GES présents dans l’atmosphère : le levier principal consiste à améliorer la surface et/ou l'efficacité des puits de carbone naturels (forêts en formation, sols, tourbières, océans, etc.) ; les autres solutions de géo-ingénierie visant à développer des techniques de piégeage et de stockage "artificielles" du CO2 (PSC) sont très loin d'être opérationnelles (voir Cycle du carbone (HU)).

Dans certaines situations, il est également possible de piéger les GES à la source et de les enfouir ou de les valoriser (c'est par exemple le cas du méthane produit par les installations de méthanisation).

On parle ainsi d'émissions nettes pour désigner le bilan entre les émissions et l'absorption.

Nota : Il existe également d'autres solutions de géo-ingénierie qui consiste à essayer de diminuer la quantité de rayonnement solaire arrivant à la surface de la planète (en modifiant l'albédo des nuages, en injectant des particules dans la stratosphère, en plaçant des pare-soleil dans l'espace, etc.) ; ces solutions sont encore plus irréalistes.

Depuis décembre 2015 et l’adoption de l’Accord de Paris la plupart des pays développés et en développement se sont fixés des objectifs de réduction des émissions nettes de GES. En particulier, l’Union européenne s’est fixé un objectif de réduction d’au moins 55 % entre 1990 et 2030 et s’est engagée à atteindre la neutralité climatique au plus tard en 2050. Ces objectifs semblent possibles à atteindre (figure 7).


Figure 7 : Objectifs de réduction des émissions nettes de GES et état en 2023 pour l'UE (nota : UTCATF = Utilisation des Terres, Changement d'Affectation des Terres et Foresterie) ; Source : Chiffres clés du climat : France, Europe et Monde, 2025.

Malheureusement, dans le même temps les émissions nettes mondiales ont augmenté de 55% et les États Unis d'Amérique se sont retirés des accords de Paris.

Méthodes d'adaptation

Typologie des mesures d'adaptation

La démarche d’adaptation vise à adapter les sociétés humaines aux climats attendus, et en particulier à leurs manifestations extrêmes, afin d’en réduire les conséquences. Elle s’appuie sur deux piliers essentiels :

  • anticiper les changements progressifs (augmentation des températures moyennes, diminution de la quantité annuelle de précipitations, augmentation des nivaux marins, etc.) ;
  • améliorer la résilience aux événements extrêmes (canicules, sécheresses, feux de forêts, crues, etc.).

Les deux principes de base consistent, d'une part à diminuer la vulnérabilité des territoires et des activités aux conséquences du changement climatique, et, d'autre part à augmenter leur résilience, c'est à dire leur capacité à s'adapter à des perturbations majeures (figure 8).


Figure 8 : La résilience des systèmes socio-écologiques repose sur 4 qualités : la robustesse (capacité à maintenir ses fonctions malgré la perturbation), l'adaptabilité (capacité à fonctionner dans des conditions dégradées), la flexibilité (capacité à récupérer les fonctionnalités perdues), la transformabilité (capacité à évoluer pour mieux résister aux perturbations futures) ; Source : Arthur Keller.

Les méthodes d’adaptation doivent être développées à toutes les échelles : au niveau national au sein de politiques publiques (voir par exemple le Plan national d’adaptation au changement climatique), au niveau régional (voir par exemple la stratégie d’adaptation au changement climatique dans le Grand Ouest), au niveau local (par exemple par la mise en place d’écoquartiers au sein d’une ville) ou au niveau individuel (par exemple par l’évolution des modes de vie et de consommation, tel qu’en développant la récup-utilisation des eaux de pluies) (figure 9).


Figure 9 : L'adaptation au changement climatique peut aussi se faire par des actions individuelles ; Source : Dossier Eau-mélimélo sur le changement climatique.

Voir par exemple le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique.

Risques de mal-adaptation

Certaines mesures d’adaptation déployées trop rapidement ou sans vision stratégique peuvent facilement mener à une mal-adaptation, c’est-à-dire à une situation où la vulnérabilité aux aléas climatiques est finalement augmentée. A titre d'exemples :

  • le développement d’équipements pour protéger une zone de l’inondation peut mener à augmenter le risque de submersion d'espaces vulnérables situés à l'aval (voir Prévision des crues et des inondations : vue globale (HU))
  • la construction de réserves d'eau (retenues collinaires, méga-bassines, etc.), justifiées par le besoin d'eau en période de sécheresse, peut conduire à augmenter la surface irriguée et accentuer le manque d'eau (figure 10) ;
  • etc.


Figure 10 : Augmenter l'offre conduit mécaniquement à augmenter la demande et peut finalement augmenter la vulnérabilité ; Source : A. Doleminie.

Structuration de l’action française en matière de Climat

En France, la politique en matière de climat est pilotée par la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC) du Ministère en charge de la transition écologique. Les principaux outils mobilisés sont :

Le Haut conseil pour le Climat (HCC) établit un rapport annuel sur la politique portée par la France.

Plus transversalement, les publications produites par le Secrétariat Général à la Planification Écologique (SGPE) et le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) apportent de nombreuses informations ; Voir : Publications de la planification écologique.

Enfin, concernant les liens entre eau et climat, les Stratégies (ou Plans) d’adaptation au changement climatique des grands bassins versants, élaborés par les Agences de l’eau, constituent des documents de référence.

Impacts du changement climatique en hydrologie

Le changement climatique a, et aura, des impacts importants sur un grand nombre de sujets associés à la gestion de l’eau et à la protection des milieux aquatiques (Eaufrance, UNESCO, 2020), en particulier :

  • modification des cumuls annuels de précipitation et modification de leur répartition dans le temps (voir figure 11) ;
  • augmentation des périodes de canicules et de sécheresse et augmentation associée des besoins en eau ;
  • augmentation probable de la fréquence et de l'intensité des événements extrêmes (cyclones, tempêtes hivernales, orages, pluies intenses, etc.) ;
  • fonte des glaciers, modification des régimes de précipitation et des périodes de fonte des neiges et modifications associées du régime des cours d'eau ;
  • augmentation du niveau des océans et évolution du trait de côte ;
  • augmentation des températures des milieux aquatiques, remontées vers le nord d'espèces animales et végétales et perturbation des écosystèmes aquatiques ;
  • perte de signification des données statistiques hydrologiques fondées sur des séries historiques, ce qui compliquera le dimensionnement des ouvrages de gestion de l'eau ;
  • etc.
Figure 11 : Différence du cumul des précipitations en hiver et en été ; projection 2071-2100 par rapport à la période 1976-2005 pour un scénario avec émissions modérées ; Source : https://www.meteo-paris.com/actualites/inondations-ou-secheresses-quelles-evolutions-des-precipitations-en-france-en-contexte-de-changement-climatique.

La présentation claire de ces différents impacts est difficile car ils sont fortement interconnectés. La figure 12 tente de clarifier les relations entre les principaux d'entre eux et explicite ceux que nous avons choisis comme entrées principales dans cette encyclopédie :

  • impacts hydrologiques directs du changement climatique ;
  • impacts du changement climatique sur les usages de l'eau ;
  • impacts du changement climatique sur le fonctionnement des océans ;
  • impacts du changement climatique sur la biodiversité (des écosystèmes aquatiques) ;
  • gestion des incertitudes associées au changement climatique.


Figure 12 : Interactions entre les principales conséquences du changement climatique sur la gestion de l'eau.

D'autres sujets apparaissant sur le schéma et nécessitant des développements importants feront également l'objet d'articles spécifiques, en particulier :

  • impacts du changement climatique sur la pluviosité.

Nota : La responsabilité évidente du changement climatique sur les déséquilibres de plus en plus prononcés de la gestion de l'eau ne doit pas occulter le fait que d'autres causes anthropiques plus directes sont également à l’œuvre : mauvaise gestion de la ressource, anthropisation des bassins versants et des lits des cours d'eau, urbanisation mal contrôlée, etc.

Pour en savoir plus :

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