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Plomb (HU)

De Wikigeotech

Traduction anglaise : Lead

Dernière mise à jour : 15/1/2020

Métal gris-bleuâtre, malléable que l'on trouve naturellement dans le sol, les roches, l'eau et la nourriture.

Origine du plomb dans les eaux pluviales et concentrations moyennes

Le sulfure ou la galène de plomb constituent les minerais les plus importants. Après raffinement, le métal et ses composés sont beaucoup utilisés dans les batteries, dans l'industrie du câblage, de la tuyauterie et du bâtiment, comme colorant de peinture, dans la production d'alliage. Il a également beaucoup été utilisé (jusqu'au 1er janvier 2000 en Europe) en tant qu'additif antidétonant pour les véhicules à moteur à essence. Cette dernière utilisation a totalement disparu aujourd'hui. De ce fait, on a assisté à une réduction importante des concentrations en plomb dans l'atmosphère des villes et dans les dépôts secs, donc dans le ruissellement urbain. L'impact des activités industrielles sur la présence de plomb dans l'environnement est mis en évidence par les études chronologiques des carottages de glace au Groenland qui montrent l'évolution de la concentration du plomb dans la glace. Cette concentration a en effet été multipliée par 200 entre l'époque romaine et la fin des années 1960 avant de recommencer à décroître en lien avec l'interdiction du plomb comme additif dans l'essence (Boutron et al, 2004).


Évolution des émissions de plomb en France Métropolitaine depuis 1990 ; Source : CITEPA, cité par Airparif (2008)).


L'évolution des émissions à Paris entre 1990 et 2004(Airparif, 2008) montre également une diminution très importante associée à la suppression des émissions dues au trafic.

Les concentrations moyennes événementielles pour le plomb total dans les eaux de ruissellement urbain des zones résidentielles sont de l'ordre de 200 μg/L (valeurs moyennes observées comprises entre 90 et 440 μg/L). La concentration en plomb dans la phase liquide est généralement assez faible, du fait de la tendance du métal à coprécipiter et à s'adsorber sur les particules solides. Ainsi, dans les eaux pluviales urbaines en général entre 80 et 90% du plomb est associé à la phase particulaire. Cependant, le plomb insoluble est, dans beaucoup de cas, seulement faiblement adsorbé sur les matières en suspension et il peut être à nouveau solubilisé sous l'effet de changements mineurs dans les conditions environnementales.

Dangers potentiels du plomb dans l'eau

Une fois que le plomb particulaire est incorporé dans les sédiments des milieux récepteurs, il peut également évoluer chimiquement ou biologiquement pour former des composés organométalliques potentiellement biodisponibles et toxiques pour les organismes aquatiques. Les alkyls de plomb sont plus toxiques que le plomb inorganique. Ils s'accumulent dans un certain nombre de tissus tels que les érythrocytes, le foie et les reins. Le plomb inhibe le système enzymatique responsable de la formation d'hémique dans la moelle osseuse et de la reconstitution du calcium dans les os. Le plomb est susceptible de s'accumuler dans la chaine alimentaire. Il est responsable du saturnisme. Sous certaines formes physico-chimiques, il peut être toxique pour la plupart des vertébrés, ceci à partir de concentrations très faibles (0,1 mg/L.). Les méthodes normalisées de mesure des concentrations en plomb dans les eaux sont décrites dans les normes NF T 90-112 et NF T 90-119.

Voir : Pollution des rejets urbains de temps de pluie.

Bibliographie :

  • airparif (2008) : Surveillance des métaux dans l’air ambiant ; téléchargeable sur : https://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/Rapmontereau_biblio.pdf
  • Boutron, C. ; Rosman K. ; Barbante, C. ; Bolshov, M ; Adams, F. ; Hong, S ; Ferrari, C (2004) : L'archivage des activités humaines par les neiges et glaces polaires : le cas du plomb ; Comptes Rendus Géoscience Volume 336, n° 10 pages 847-867 (juillet 2004)
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