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Le Rhône en 100 questions: 2-01 D’où vient l’eau du Rhône ?

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le rhone en 100 questions multi579
Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve
.









Le Rhône fait partie des grands fleuves européens avec une longueur de 810 km et un bassin versant d’une superficie de 96 500 km2. Il prend sa source en Suisse, traverse le sud-est de la France avant de se jeter dans la Mer Méditerranée par le delta de la Camargue. Son bassin versant est remarquable par sa diversité climatique et géologique. Les principales villes arrosées par le fleuve sont, de l’amont vers l’aval, Genève, Lyon, Valence, Avignon et Arles.


Sommaire

La source du Rhône


Le Rhône prend sa source en Suisse, à 1 753 m d’altitude, au Glacier de la Furka, dans le massif alpin du Saint- Gothard. Ce glacier valaisan, qui culmine à plus de 3 600 m, s’étend sur près de neuf kilomètres de long, a une superficie de 17 km2 et un volume de 2,6 milliards de m3. Comme la plupart de ses congénères alpins, le glacier du Rhône a fortement régressé depuis cent cinquante ans, essentiellement en raison de la fonte estivale non compensée par les apports neigeux hivernaux. Son recul est estimé à plus de deux kilomètres depuis 1850.
source du rhone glacier de la furka

Les différentes entités du fleuve


Le Rhône peut être divisé en cinq entités hydrographiques aux reliefs et aux climats distincts :
bassin versant du rhone
  • Le Rhône alpestre, de sa source au Léman, est un torrent qui parcourt 165 km dans une vallée encaissée entre les Alpes Bernoises au Nord et les Alpes Pennines du Valais. Son bassin versant, de 5 220 km2 à l’entrée du Léman, est remarquable par son relief élevé et accidenté. Plus de la moitié de la surface drainée se situe au-dessus de 2 100 m d’altitude. La pente  moyenne est forte (0,9 % ou 9 m/km). À la sortie du Léman, l’altitude du Rhône est de 370 m et la surface drainée de 8 000 km2.
  • Le Haut Rhône français, du Léman à la Saône, dans un parcours sinueux de 210 km, traverse les massifs du Jura et des Préalpes avant de rejoindre la plaine de l’Ain. Son bassin est de 12 300 km2 et sa pente moyenne de 0,1 % (1 m/km). Sur ce tronçon, le fleuve rencontre une succession de gorges étroites (défilés de Bellegarde et de Yenne), et de plaines aux champs d’inondation étendus (marais de Chautagne et Lavours, plaine de Yenne). Le Lac du Bourget, plus grand lac naturel français, draine un bassin de 560 km2 et se déverse dans le Rhône par le canal de Savières. Le cours de cet émissaire s’inverse lors des crues du fleuve de sorte que le lac participe ainsi à leur atténuation.
  • Le Rhône Moyen, de la Saône à l’Isère, parcourt 110 km et draine un bassin de 46 150 km2. À Lyon, le fleuve se heurte à la barrière rocheuse du Massif Central qui l’oblige à modifier la direction de son cours suivant un axe Nord-Sud qu’il ne va plus quitter jusqu’à la mer. Il longe alors le Massif Central et les Préalpes. Dans ce tronçon, la pente moyenne s’abaisse à 0,05 % (0,5 m/km).
  • Le Rhône Inférieur, de l’Isère à l’amont du delta, draine un bassin de 29 150 km2 soumis au climat méditerranéen. Son cours, long de 160 km, est une suite de défilés et de plaines alluviales qui respecte l’axe d’écoulement rectiligne Nord- Sud imposé par les massifs qui l’encadrent. La pente moyenne est de 0,06 % (0,6 m/km).
  • Le delta à hauteur d’Arles où le fleuve se sépare en deux bras qui enserrent la plaine de la Camargue. Le petit Rhône, de direction Sud- Ouest, rejoint la Méditerranée 40 km plus loin dans le golfe de Beauduc. Le Grand Rhône s’oriente au Sud-Est pour déboucher dans la mer près de Fos. Ces deux bras présentent des pentes très faibles de l’ordre de 0,004 % (4 cm/km). En Méditerranée, le delta du Rhône est par sa superficie (500 km2) en deuxième position derrière le delta du Nil, 15 fois plus vaste (24 000 km2).


Le lac Léman


Le Lac Léman est la plus grande masse d’eau douce d’Europe avec un volume de 89 km3. Il s’étend sur 70 km pour une surface de 582 km2. Douze années sont nécessaires pour que les eaux du lac se renouvellent complètement.
Le Léman a deux influences majeures sur le Rhône :

  • la décantation des eaux alpestres chargées en sédiments ;
  • la modulation des débits par l’amortissement des crues estivales et le soutien des étiages hivernaux.


Quatre affluents majeurs


Quatre affluents français drainent 60 % du bassin rhodanien :
embouchure du grand rhone
  • L’Ain, affluent jurassien, est le principal tributaire du Haut Rhône. Il prend sa source à 700 m d’altitude en Franche-Comté, et draine sur 195 km la partie occidentale du Jura méridional. Son bassin montagneux (3 750 km2) est soumis aux pluies océaniques. La pente moyenne du lit est de 0,2 %.
  • La Saône, longue de 480 km, est la première rivière de France par la superficie de son bassin versant, de près de 30 000 km2. Elle draine le revers sud-ouest des Vosges et les plateaux jurassiens, à l’ouest le rebord oriental du Massif Central, enfin la plaine bressane dans sa partie centrale. La pente moyenne du lit est faible (0,02 %).
  • L’Isère, affluent alpestre de la rive gauche, prend sa source à 2 990 m d’altitude et draine sur 11 800 km2 les hauts reliefs des Alpes, des Préalpes et du sillon alpin. Elle rejoint le Rhône au Nord de Valence après avoir parcouru 290 km.
  • La Durance longue de 305 km, affluent préalpin, draine un bassin montagneux de 14 300 km2 soumis au climat méditerranéen. La pente moyenne du lit est forte (0,6 %).


Les affluents secondaires


Les affluents secondaires du Rhône sont regroupés en quatre familles aux caractéristiques hydrographiques
variées :

  • Affluents suisses. Ce sont de petits torrents alpestres alimentés en été par les glaciers et la fonte nivale.
  • Affluents du Haut Rhône:
    – L’Arve, seul affluent alpestre en aval du Léman, draine les eaux du Mont Blanc et de terrains de nature variée.
    – Les affluents jurassiens de la rive droite (Valserine, Usses et Séran) ont des bassins de petite taille par rapport à celui de l’Ain.
    – Les affluents préalpins de la rive gauche (Fier et Guiers) ont des bassins montagneux essentiellement perméables mais dont les fortes pentes favorisent le ruissellement.
  • Affluents du Rhône moyen. Ces cours d’eau ont des réseaux hydrographiques peu étendus du fait de la proximité des contreforts montagneux du Massif Central et des Préalpes. Leur apport en eaux est négligeable, excepté en crue.
  • Affluents méridionaux:
    – Les affluents cévenols (Eyrieux, Ardèche, Cèze et Gard) drainent les bassins accidentés du rebord oriental du Massif Central, aux roches dures et imperméables. Par leur orientation et leur hauteur, les Cévennes font écran aux pluies méditerranéennes à l’origine des crues cévenoles violentes.
    – Les affluents préalpins méridionaux (Drôme, Aigues et Ouvèze) descendent des Préalpes du Sud et sont soumis aux pluies méditerranéennes. Ils drainent des terrains moins imperméables et aux reliefs plus modérés que ceux des Cévennes.
quelques chiffres


Ce qu’il faut retenir


La composante alpestre suisse représente 10 % de la superficie du bassin rhodanien.
La Saône draine le seul bassin de plaine. Son bassin représente 30 % de la superficie totale.
Le Rhône est remarquable par sa composante montagnarde au relief élevé et accidenté.
Elle conditionne les facteurs climatiques et hydrologiques du bassin.
Ses principaux affluents sont soumis à des influences climatiques variées : océaniques et méditerranéennes dont les effets sur les crues sont différents.
Les pentes élevées du lit du Rhône et de ses affluents sont fortes.




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