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Le Rhône en 100 questions: 2-02 Quel est le régime hydrologique actuel du Rhône ?

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le rhone en 100 questions multi579
Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.












Par son module interannuel (débit moyen), le Rhône est le fleuve français le plus puissant. Il est encore plus remarquable par son abondance relative (débit rapporté à la surface du bassin versant) inégalée en Europe. Son régime hydrologique évolue au long de son cours en fonction des trois alimentations présentes sur son domaine : la fonte des glaciers alpestres, la fonte nivale et les précipitations liquides. À son embouchure, le Rhône présente un régime saisonnier régulier marqué par de hautes eaux automnales et de basses eaux estivales et hivernales.


Sommaire

L’abondance


Le Rhône est un fleuve abondant (l’abondance relative ou débit spécifique exprimée en l/s/km2 est égale au débit rapporté à la superficie du bassin récepteur) avec un module interannuel à l’embouchure de 1 700 m3/s. Quatre affluents majeurs (Ain, Saône, Isère et Durance) contribuent à cette abondance à hauteur de 55 %. L’apport de la composante suisse est de 15 % avec un module interannuel de 250 m3/s à Genève. Le débit semi-permanent (débit moyen journalier dépassé six mois dans l’année) du Rhône aval est de 1 450 m3/s. Cette valeur proche du module annuel démontre la régularité du régime hydrologique. Le débit spécifique met en évidence la variabilité spatiale et l’inégalité des apports entre les bassins amont et aval. Ce critère baisse de la frontière suisse (30 l/s/km2) à la mer (17 l/s/km2) du fait de la faiblesse des débits de la Saône et des affluents méditerranéens.L’abondance annuelle du fleuve est soumise à une forte variabilité temporelle. Le siècle dernier a connu une succession de cycles pluriannuels de périodes sèches et humides. Sur la période 1920-2006, le coefficient d’irrégularité (rapport du module annuel le plus abondant au plus faible sur une série d’années siginificative) est de trois pour le Rhône aval et de deux à l’aval de la frontière suisse.

secteurs du rhone
evolution des superficies drainees

Le régime hydrologique


traversee de lyon
La variété des climats et régions drainées confère au Rhône un régime complexe qui regroupe trois composantes : glaciaire, nivale et pluviale. Par cette triple alimentation, les apports du Rhône sont diversifiés et abondants toute l’année, ce qui lui donne un régime saisonnier assez régulier qui présente des nuances tout au long de son cours : Le Rhône Alpestre, le Haut Rhône français ainsi que l’Isère ont un régime nivo-glaciaire aux hautes eaux d’été, le Rhône alpestre ayant aussi un régime glaciaire.
La Saône et l’Ain ont un régime océanique avec de hautes eaux hivernales dues aux pluies et de basses eaux estivales. L’influence nivale de l’Ain gonfle les débits printaniers du fleuve.
Les affluents méditerranéens du Rhône aval connaissent de sévères étiages estivaux et des crues rapides
en automne.

Le Rhône aval présente un régime hydrologique inverse de celui de son cours supérieur avec de hautes eaux de printemps et d’automne et de basses eaux en été et en hiver. La plus faible variabilité mensuelle du régime du Rhône français est constatée à Lyon avec une amplitude variant de 80 à 115 % par rapport au module annuel. La plus forte est mesurée à la sortie du Léman avec une amplitude comprise entre 75 et 150 %. Elle est de 65 à 120 % à l’embouchure.


Les étiages


Les étiages du Haut Rhône, qui étaient hivernaux en Suisse, ont été atténués par la gestion des réservoirs d’altitude. Dans le bassin français les étiages ne sont jamais extrêmes grâce à la modulation artificielle du Léman qui soutient les débits pendant la saison froide. Les étiages du Rhône aval sont rarement extrêmes puisque la faiblesse des apports d’une partie du bassin est compensée par l’abondance relative due à une autre partie du territoire rhodanien. L’apparition d’une situation d’étiage sur le Rhône est progressive. Elle est observée de la fin de l’été au début de l’automne et fait suite à une sécheresse estivale. Le tribut des glaciers alpestres empêche les étiages extrêmes d’apparaître avant la mi-septembre. Un étiage hivernal secondaire, moins marqué, peut se produire de janvier à février, suite aux effets d’un automne sec et à l’arrivée du froid et de la neige. À l’inverse, les fins d’étiage sont brutales sur le Rhône et font suite au retour des pluies. L’année 1921 reste l’étiage le plus remarquable sur le Rhône. Il a fait suite à une grande sécheresse qui a persisté plus d’un an. Sa durée a été exceptionnellement longue. Les débits ont été bas sur la totalité du bassin sans toutefois atteindre des valeurs exceptionnelles, grâce au soutien de la composante glaciaire.


Les crues


Le Rhône est soumis à deux grandes influences climatiques : le climat océanique qui concerne la partie septentrionale, et le climat méditerranéen qui affecte le Rhône en aval de Lyon. La variabilité temporelle et spatiale de ces deux climats induit quatre types de crues :
plaine de donzere inondee lors de la crue de 2003
  • Les crues océaniques. Elles se produisent en saison froide, avec une fréquence maximale d’apparition d’octobre à mars et elles font suite aux pluies océaniques apportées par les vents d’Ouest. L’étendue de leur domaine est remarquable. Il englobe le Rhône Alpestre et le Haut Rhône, la Saône et de façon moindre l’Isère. Les pluies à l’origine des crues océaniques sont exceptionnelles par leur régularité et leur persistance dans le temps. Les crues du Haut Rhône et de l’Ain précèdent le flot de la Saône de cinq jours à Lyon. En aval, les crues océaniques ne sont pas renforcées, mais sont prolongées dans le temps par l’arrivée de la Saône. Elles n’affectent pas le Bas Rhône et parviennent atténuées à la Méditerranée.
  • Les crues cévenoles. Les pluies cévenoles sont amenées par des vents automnaux de Sud à Sud-Est avec un risque maximal de mi-septembre à fin octobre. Elles se concentrent sur le rebord oriental du Massif Central et sont dues à la remontée de masses d’air chaud méditerranéen qui entrent en collision avec des fronts d’air froid océanique sur les hauts reliefs. Les crues cévenoles sont exceptionnelles par leur puissance et par la rapidité de montée des eaux. Elles sont dévastatrices en raison de l’intensité et de la violence des pluies reçues, mais encore plus du fait des caractéristiques des surfaces réceptrices. Les bassins cévenols présentent de fortes pentes de talweg et des terrains imperméables propices au ruissellement torrentiel. La variabilité spatiale des averses cévenoles, la rapidité de la décrue et la faible durée de l’étalement rendent peu probable la concomitance des crues des affluents et de celles du fleuve.
  • Les crues méditerranéennes extensives. Les pluies méditerranéennes extensives ont des caractéristiques proches des pluies cévenoles. Elles sont plus tardives dans la saison et se produisent généralement de fin octobre à mi-novembre. Elles se différencient des cévenoles par l’extension du domaine d’action qui peut englober la totalité des bassins en aval de Valence et remonter dans le couloir rhodanien jusqu’à Lyon voire au-delà, affectant l’extrémité aval des bassins de la Saône et de l’Ain.
  • Les crues générales. Certains phénomènes météorologiques peuvent entraîner des crues générales qui affectent la totalité du bassin rhodanien. Ces crues extrêmes correspondent à la succession, dans un intervalle plus ou moins rapproché, de plusieurs pluies dont l’une au moins est méditerranéenne extensive. Leurs mécanismes varient pour chaque cas et comportent des combinaisons hydrométéorologiques sans cesse renouvelées. L’examen des crues passées ne permet pas d’identifier une période plus propice à l’observation de ce type de crues.


Ce qu’il faut retenir


Par son module interannuel le Rhône se positionne au 48e rang mondial. Toutefois son abondance relative le classe à égalité avec de grands fleuves tels que l’Amazone. Les situations d’étiage extrêmes sont rares grâce à la diversité des apports et en particulier grâce au tribut estival des glaciers alpestres. Le bassin du Rhône est soumis à deux influences climatiques : le climat océanique aux pluies abondantes de la saison froide, le climat méditerranéen aux violentes pluies d’automne.



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