S'abonner à un flux RSS
 

Le Rhône en 100 questions: 1-05 Quelle coordination avec la Suisse pour la gestion du Rhône ?

De Wikigeotech
le rhone en 100 questions multi579
Cette page fait partie du premier chapitre: "Les gestionnaires du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.










La gestion du Léman et des aménagements hydroélectriques a donné lieu à des accords internationaux qui portent sur la gestion quantitative des eaux, sur la gestion des sédiments et de la pollution.


Sommaire

Comment sont gérés les volumes d’eau ?


À l’amont de Genève, le Rhône traverse le lac Léman, dont les rives sont partagées entre la Suisse et la France. Le lac reçoit l’eau du Rhône valaisan et d’autres cours d’eau suisses et français. Le débit sortant du lac Léman par le Rhône est réglé par le déversoir-usine du Seujet situé à Genève. Les débits et volumes sortant du lac Léman, lac international, sont gérés par les services et autorités suisses en application de deux conventions :
le barrage usine du seujet
  • une convention suisse inter-cantonale, dont la France n’est pas signataire, qui définit le réglage de la cote du plan d’eau du Léman, et qui fixe le débit minimum sortant du lac (100 m3/s du 1er mai au 30 septembre, 50 m3/s du 1er octobre au 30 avril), avec une forte modulation journalière et hebdomadaire ;
  • la convention internationale dite « d’Emosson » du 23 août 1963, qui prévoit que le débit provenant du bassin versant français

de l’Arve et qui a été détourné lors de l’aménagement suisse d’Emosson vers le lac Léman doit être restitué par la Suisse à la France à concurrence d’un volume annuel de 87 millions de m3.

Stockées dans le lac Léman, ces « eaux d’Emosson » disponibles pour la France sont fournies par le Seujet pour maintenir la navigation et surtout le refroidissement normal des centrales nucléaires françaises lors des étiages sévères. En aval du Seujet, le Haut Rhône est alimenté par des affluents dont l’Arve, cours d’eau majoritairement français, qui rejoint le Rhône à Genève 10 km en aval du lac Léman. À 20 km en aval du Seujet se trouve le barrage suisse de Verbois, puis, dans la zone où le Rhône sert de frontière, le barrage de Chancy-Pougny.


Comment est coordonnée la gestion des sédiments qui transitent par les barrages suisses et français ?


L’Arve rencontre le Rhône entre le déversoir du Seujet et le barrage de Verbois. Ce torrent est chargé de matières en suspension (MES) qui se déposent dans les retenues de Verbois et de Chancy-Pougny à raison de 500 000 tonnes par an environ. Pour éviter l’envasement des retenues et une remontée dangereuse des lignes d’eau de crue dans la retenue de Verbois qui pourraient menacer les bas-quartiers de Genève, les Suisses réalisent tous les trois ans, une « chasse » des deux retenues. Celle ci consiste à abaisser pendant trente six heures les deux retenues pour entraîner le maximum des matières en suspension vers l’aval, dans un premier temps vers la retenue du barrage de Génissiat.
chutes franco suisses du haut rhone
Pour limiter les dépôts tout en maintenant les taux de MES à des valeurs acceptables pour l’environnement, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) réalise pendant la chasse suisse des mesures d’accompagnement, qui consistent à vider partiellement, pendant sept jours, les retenues du Haut Rhône, afin de faire transiter les MES le plus loin possible en aval. Les dernières chasses franco-suisses ont eu lieu aux printemps 2000 et 2003. Toutefois, à titre expérimental, les autorités suisses ont choisi depuis 2006 de ne pas réaliser de chasses, et de laisser s’établir un profil d’équilibre des vases dans les retenues de Verbois et de Chancy-Pougny, tout en prévoyant :
  • une gestion différente de ces barrages en améliorant le passage des vases dans les vannes lors des crues de l’Arve ;
  • une réduction des matières en suspension issues de l’Arve par un détournement local de son cours.

Si ce mode de gestion conduit à un envasement progressif de Génissiat, il y aura lieu d’envisager éventuellement des opérations de chasses spécifiques.


Comment est assurée la surveillance de la qualité des eaux du Léman ?


Créée en 1962 par convention entre la France et la Suisse, la Commission Internationale pour la Protection des Eaux du Léman (CIPEL) assure la surveillance de la qualité des eaux du Léman et de son bassin d’alimentation. Sur la base des résultats obtenus, la CIPEL émet chaque année des recommandations afin d’inciter les gouvernements français et suisse à prendre des mesures pour remédier aux sources de dégradation éventuelle de l’état des eaux. Bien que la Suisse ne soit pas dans l’Union Européenne, la CIPEL sert de plate-forme d’examen technique permettant une mise en commun des objectifs et mesures que la France va se fixer sur le territoire français de la CIPEL pour atteindre le bon état des eaux à l’horizon 2015 en application de la Directive Cadre sur l’Eau.


Ce qu’il faut retenir


Il n’existe pas d’accord international global pour la gestion quantitative des eaux du Léman. Le volume d’eau transitant par le lac fait l’objet de la convention internationale d’Emosson. La gestion des sédiments est coordonnée entre les deux pays pour éviter des envasements des retenues et réduire les risques d’inondation des quartiers bas de Genève. La surveillance de la qualité des eaux du lac Léman, lac international, est assurée par la CIPEL.



question précédente | retour au sommaire | question suivante

 

Outils personnels