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Seuil en rivière (HU)

De Wikigeotech

Traduction anglaise : Sill

Dernière mise à jour : 23/12/2019

Ouvrage implanté en travers du lit mineur d’une rivière et qui limite les écoulements. On différencie les seuils des barrages par le fait que les seuils n’obstruent que le lit mineur de la rivière et qu’ils ne créent pas de retenue dans la vallée. Les ouvrages de ce type sont généralement au moins en partie submersibles, c’est-à-dire que l’eau peut passer au-dessus d’eux en situation normale, et leur hauteur est le plus souvent inférieure à 5 mètres. Ils peuvent être fixes ou mobiles.

Exemple de seuil pour alimenter le bief d'un moulin ; crédit photo Bernard Chocat.

Depuis l’origine de la civilisation les hommes ont tenté de contrôler les écoulements des rivières par des seuils et des barrages. On trouve aujourd’hui en France au moins 75 000 ouvrages barrant les cours d’eau. Ces ouvrages ont été construits à différentes époques et pour répondre à des objectifs divers : contrôler les débits (laminage des crues et soutien des étiages), constituer des réserves en eau, produire de l’énergie, élever des poissons, faciliter la navigation, plus récemment créer des espaces de loisirs, etc. Près de la moitié des ouvrages répertoriés n’ont cependant aujourd’hui aucun usage identifié. Les seuils et les barrages perturbent de différentes manières le fonctionnement des rivières : Ils modifient leur régime hydrologique, perturbent les conditions écologiques à l’amont comme à l’aval de la retenue, diminuent les capacités d’auto-épuration, modifient les processus d’érosion et de transport solide, stockent les sédiments et les polluants, fragmentent l’habitat des espèces aquatiques et peuvent faire obstacle aux déplacements des grands migrateurs. En France le référentiel des obstacles à l'écoulement (ROE) répertorie un très grand nombre des seuils existant sur les rivières.

La Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE) et ses textes d’application en droit français ont pour objectif le retour au bon état de l’ensemble des milieux aquatiques et ces ouvrages constituent de fait des obstacles à ce retour au bon état. Une réflexion sur ce que l’on doit en faire est donc indispensable.

Vidéo du projet eau MéliMélo sur les barrages

Supprimer les ouvrages qui n’ont aucun usage avéré justifiant leur existence ou dont l’utilité est faible constitue la première option. C’est en effet le moyen le plus simple et le plus efficace pour éliminer l’ensemble des contraintes imposées par l’ouvrage et pour récupérer des habitats de meilleure qualité. Cette action n’est cependant pas toujours simple à réaliser et un certain nombre d’effets doivent être pris en compte. La suppression d'un seuil va en effet libérer des sédiments souvent pollués et modifier les conditions écologiques artificielles que l’ouvrage avait instituées. Il faudra souvent un peu de temps pour qu’un nouvel équilibre ne s’installe. De plus ces ouvrages ont souvent un intérêt historique ou patrimonial et leur suppression peut soulever de fortes oppositions. Une autre solution possible consiste à aménager l’ouvrage de façon à diminuer certains de ses effets négatifs sur l’écosystème : diminuer sa hauteur, ouvrir des vannes, installer des dispositifs de franchissement, etc. Dans tous les cas la décision de suppression ou d’aménagement doit résulter d’une réflexion comparant, sur la durée, les avantages et les inconvénients des différents scénarios envisageables. Elle doit être prise dans le cadre d’une réflexion globale sur la rivière et son bassin versant.

Pour en savoir plus : Les barrages sont-ils un bien pour l'environnement (Document GRAIE/Méli Mélo).

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