Lit de séchage planté de roseaux - LSPR (HU)
Traduction anglaise : Sludge drying reed beds (SDRB)
Dernière mise à jour : 18/12/2025
Les lits de séchage des boues plantés de roseaux (LSPR) font partie des procédés de déshydratation des boues. Leur principe consiste à épandre les boues sur un massif filtrant reconstitué, drainé et planté de roseaux et à utiliser la gravité et l'évapotranspiration pour évacuer une partie de l'eau. L'avantage principal par rapport à un lit de séchage classique est que le système racinaire des plantes évite le colmatage du massif.
Principe de fonctionnement
Les LSPR reposent sur la mise en place d’un massif filtrant reconstitué, de granulométrie croissante depuis la surface vers la profondeur du filtre. Des drains situés à la base du lit permettent d’assurer à la fois le drainage et l’aération du lit par le fond. Les roseaux sont plantés à la surface du lit, au sein de la couche superficielle de filtration, le rôle de cette dernière étant de filtrer les premières alimentations en boues (Figure 1).
Le dispositif fonctionne en alternant les périodes d'alimentation et les périodes de repos :
- pendant les périodes d’alimentation (5 à 10 jours), les boues sont apportées par bâchées à la surface du lit (1 à 2 bâchées par jour) ;
- pendant les périodes de repos, plus longues que celles d'alimentation (10 à 30 jours), différents phénomènes physiques et biologiques vont permettre le séchage et la minéralisation des boues (figure 2).
La durée des périodes d'alimentation et de repos doit être adaptée selon la saison, de façon à éviter la surcharge hydraulique en hiver et à éviter le stress hydrique en été.
- Pendant les périodes d'alimentation :
- le lit joue un rôle de rétention physique des matières en suspension (MES) contenues dans la boue : ce mécanisme est responsable de la formation du dépôt de boue à la surface du lit ;
- sous l’action des forces de gravité, l’eau libre contenue dans la boue est drainée vers le fond du lit, où un réseau de drains permet son évacuation : ce mécanisme participe à la réduction du volume et au séchage des boues stockées sur le lit.
- Pendant les périodes de repos :
- la matière organique du dépôt de boue est minéralisée par l’action bactérienne et faunistique aérobie, laquelle est favorisée par le réseau de tiges, rhizomes et racines, développé par les végétaux au sein de la couche de boue qui améliore son drainage et son aération : ce mécanisme est crucial pour la réduction et la stabilisation du dépôt de boue ;
- le dépôt de boue subit un séchage "naturel" dû à l’activité végétale, via l’évapotranspiration des roseaux : ce mécanisme permet d’améliorer la déshydratation atteinte par simple drainage de l’eau libre (de l’ordre de 10 à 15 %) et ainsi d’atteindre des siccités supérieures à 25 % (Molle et al., 2013) (voir nota).
Nota : les roseaux commencent
Avantages et inconvénients - domaine d'utilisation
Les lits de séchage plantés de roseaux constituent un procédé simple et efficace pour déshydrater les boues. Ils permettent d'obtenir des taux de siccité supérieurs à 25% et pouvant atteindre 30 à 35%, ceci avec très peu de dépenses énergétiques (voir nota 1) et également très peu de dépenses d'exploitation. Ils permettent également une réduction très importante de la matière sèche produite par le traitement biologique (de l’ordre de 40 à 50%, voir nota 2). Enfin, contrairement aux lits non végétalisés, ils présentent peu de nuisances pour les riverains.
Nota 1 : La consommation en énergie est entre 10 et 20 fois moins importante que celle nécessaire aux technologies de filtre presse et de centrifugation (Molle et al., 2013).
Nota 2 : les roseaux commencent à souffrir de stress hydrique lorsque la siccité dépasse 25% mais peuvent survivre tant qu'elle reste inférieure à 65%.
Leur principal inconvénient et de nécessiter beaucoup de foncier, ce qui peut s'avérer très couteux dans les zones urbaines denses. Cet état de fait peut expliquer pourquoi cette solution a, jusqu’à présent, été développés principalement pour des petites et moyennes collectivités (moins de 30 000 EH).
Les lits doivent être curés régulièrement (typiquement tous les 4 à 5 ans), de préférence en été, et il est nécessaire de prévoir une périodes de 4 à 5 mois avant de pouvoir à nouveau les utiliser. Ceci implique de disposer de plusieurs lits et de gérer correctement les périodes de curage pour que l'installation soit toujours fonctionnelle.
Pour en savoir plus :
- Molle, P., Vincent, J., Troesch, S., Malamaire, G. (2013) : Les lits de séchage de boues plantés de roseaux pour le traitement des boues et des matières de vidange - Guide de dimensionnement et de gestion ; rapport IRSTEA pour l'ONEMA ; 82p. ; disponible sur https://professionnels-preprod.ofb.fr/sites/default/files/pdf/2013_046.pdf
S'abonner à un flux RSS