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Egoutier (HU)

De Wikigeotech

Traduction anglaise : Sewerman

Dernière mise à jour : 25/3/2020

Ce terme définit tout ce qui a rapport aux égouts, le substantif étant réservé aux agents chargés de l’entretien des systèmes d’assainissement.

On désigne ainsi indifféremment les agents de salubrité des collectivités locales, et les employés des entreprises chargées d’exploiter les réseaux.

Ce n’est que depuis 1995 qu’une formation correspondante à ce métier a été mise en place par l’Education Nationale, avec la création d’un CAP « Agent d’assainissement et de collecte des déchets liquides spéciaux ».

Éléments d'historique

Historiquement, le métier d’égoutier est né avec le développement des égouts des grandes villes : Paris, Londres, etc.. Les égoutiers ont remplacé petit à petit les vidangeurs, chargés auparavant de vider les fosses fixes des immeubles. En 1850, on compte encore à Paris environ 300 vidangeurs pour un million d’habitants, et déjà 90 égoutiers - pour 140 kms d’égouts - alors qu’ils n’étaient que 24 en 1820.

Longtemps le travail dans les égouts a été considéré comme dégradant et repoussant, comme celui des vidangeurs et des éboueurs : à Rome, certaines peines corporelles étaient purgées dans les égouts. Sous Louis XIV, les galériens étaient assignés à des tâches de curage.

A Paris, Colbert organise un embryon de service, puis l’expert médical Parent-Duchâtelet s’intéresse vers 1825 aux conditions de travail des égoutiers, dont la solidarité constitue à son sens un modèle de prolétariat moral, comparable au monde des mineurs. Il contredit les représentations bourgeoises des égouts, qui assimilent ces derniers au monde du vice, des turpitudes et de l’anarchie sociale, et met en valeur les dangers et les difficultés quotidiennes de la profession. Cette solidarité entre les premiers égoutiers, une vingtaine en 1820, se prolonge avec la création en 1887 du premier syndicat d’employés municipaux, syndicat dynamique à l’initiative d’actions sociales innovantes. Ces actions s’inscrivent comme une compensation au lourd tribu payé par la profession. En 1899, les égoutiers sont par exemple le premier groupe de travailleurs manuels en France à obtenir le droit de ne travailler que huit heures par jour, y compris le temps "de se botter et se débotter" et celui du trajet. Ils obtiennent aussi le droit de ne pas travailler le dimanche. Cependant, au tournant du 19ème siècle, Larminier estime à 1/3 le nombre d’égoutiers qui meurent après 10 ans de travail, et seuls 3% restent 20 ans, le temps d’acquérir les droits à pension. Parmi les maladies, la tuberculose est la plus meurtrière.

Crédit photo : Dominique Laplace.

Être égoutier au XXIème siècle

Deux réalités caractérisent encore aujourd’hui le métier d’égoutier. D’abord, ce métier est méconnu de la population, et ressenti comme "à part", mais aussi la visite et l’entretien des égouts restent des tâches dangereuses au quotidien, dangereuses dans l’immédiat et dans la durée : asphyxie et noyade peuvent survenir à tout moment, tuberculose, parasites et infections guettent les visiteurs du sous-sol.

Le suivi médical est cependant assuré aujourd’hui, de même que la protection contre la majeure partie des risques, bien que la sécurité soit encore à améliorer et que le risque majeur dû au dégagement d’$ H_2S $ ne puisse être écarté. Ceci nécessite de maintenir l’effort dans l’évolution des pratiques, des consignes de travail et de la formation, autant qu’en matière de conception des ouvrages.

Réglementairement, le travail en égout est considéré comme insalubre, et les agents ont obtenu depuis longtemps des aménagements d’horaires et des conditions particulières de droits à pension.

Le métier d’égoutier tend cependant aujourd’hui à devenir un métier comme les autres, avec ses formations et ses spécialités : l’égoutier manipule plans et outils informatisés, appareils coûteux et installations modernes. Le parallèle qui était fait avec les vidangeurs et les éboueurs tend à évoluer vers une comparaison avec les sapeurs-pompiers. Les égoutiers doivent être compétents, disponibles, efficaces, au service de la population 24 h sur 24.

Bibliographie : Reid, D. (1991) : Paris Sewers and Sewermen : realities and representations ; Harvard University Press ; Cambridge, Massachusetts and London, England ; 1991. Traduit en français par Hélène Chuquet ; téléchargeable sur https://books.google.fr/books?id=N1aWDwAAQBAJ&pg=PA190&lpg=PA190&dq=Le+R%C3%A9veil+de+l%E2%80%99Assainissement,+Journal+du+Syndicat+des+%C3%89goutiers+de+Paris&source=bl&ots=HNcaj0d9gm&sig=ACfU3U2YN1vHmu2ofiT9_QST1iHREK0grg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiZy-_6tLXoAhXPh1wKHVNlBJkQ6AEwAXoECAkQAQ#v=onepage&q=Le%20R%C3%A9veil%20de%20l%E2%80%99Assainissement%2C%20Journal%20du%20Syndicat%20des%20%C3%89goutiers%20de%20Paris&f=false

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