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Wikigeotech:Maurice Champion

De Wikigeotech

Maurice Champion (1920-2015)

Un des pères fondateurs du réseau technique du ministère[1]

Maurice Champion, lors de son départ à la retraite, 1986

 

Biographie

Né le 27 novembre 1920 à Selles-sur-Cher, il entre dans l’administration le 1er septembre 1938 en tant qu’auxiliaire de bureau à la Subdivision de Romorantin, puis il est envoyé à Blois au Service des Transports. Il passe alors le concours d’Adjoint Technique des Ponts et Chaussées et est nommé à ce grade le 16 novembre 1943. Affecté au Service des Transports des Ponts et Chaussées, il s’occupe notamment d’organiser les transports et de répartir au mieux les matériels et carburants. En 1946, il devient Chef de bureau de l’Arrondissement nord au Service ordinaire de Blois. Entre-temps, de juillet 1945 à février 1946, il fait son service militaire dans le Génie (engins mécaniques). En 1949, sous l’impulsion de l’ingénieur des Ponts et Chaussées Rudeau, il participe à la création du Laboratoire départemental du Loir-et-Cher et en devient le responsable.


Le 1er février 1955, Maurice Champion devient ingénieur-adjoint des TPE et, le 1er octobre 1958, ingénieur des TPE. Il s’intéresse de très près aux nouvelles techniques routières s’inspirant de la technique américaine et cherche à utiliser au mieux les ressources locales en matériaux. Sous sa conduite énergique, le Laboratoire met au point entre 1952 et 1954 des formules de sable-enrobé de type sand-asphalt qui sont appliquées sur 120 kilomètres de chaussées. En 1957-1958, il étudie le traitement au bitume des sables de rivière, suit la réalisation d’une fondation de chaussée en sable-ciment et participent aux études d’enrobés aux bitumes améliorés avec Shell dans le Loir-et-Cher et Esso dans l’Indre. Il devient le directeur du nouveau Laboratoire régional à sa création en 1959. Dès lors, le rayon d’intervention du laboratoire ne cesse de s’étendre : études des déviations de grandes villes, contrôle des bétons des viaducs, études géotechniques et géophysiques sur les autoroutes A10 et A11, études de fondation et contrôles d’exécution des grands ouvrages sur la Loire, études de déviations de RN, etc. Il développe de nombreuses collaborations avec les entreprises et leurs ingénieurs.


Tandis qu’il étudie les techniques de renforcement de chaussées suite au problème de dégel de l’hiver 1962-1963 – graves-laitier, graves-ciment, sables-laitier sur les RN 7, 10 et 20, il contrôle les bétons du tronçon expérimental de 18 kilomètres de l’Aérotrain, au nord d’Orléans. Le laboratoire travaille également pour le compte des Bases aériennes, notamment celle américaine de Déols (Châteauroux), et, surtout, pour EDF, notamment sur les bétons des deux centrales nucléaires de Saint-Laurent-des-Eaux. Nommé le 16 décembre 1970 divisionnaire, il devient chef d’arrondissement le 1er octobre 1976. Entre-temps, sur son initiative, est créée la Station d’essai du matériel routier ou SEMR de Blois, inaugurée en 1973.

Il prend une part considérable dans la diffusion de la technique des centrales d’enrobage à tambour-sécheur-malaxeur en coopérant étroitement avec Pierre Malbrunot d’Ermont-Creusot-Loire.

Toujours dans le domaine des matériels, il convient de mentionner la construction du Scorpion – en collaboration avec le CECP de Rouen[2] et sous l’impulsion de l’inspecteur général Edouard Beltrémieux –, qui sert à ausculter les ouvrages d’art et dont l’utilisation est présentée le 6 novembre 1984 au ministre de l’Urbanisation, du Logement et des Transports, venu inaugurer le banc d’essai des gravilloneuses à la SEMR.

Maurice Champion aura également exercé sa curiosité dans le domaine de la géologie de l'ingénieur et a fortement soutenu l'activité Géotechnique du Laboratoire. Il a ainsi permis la concrétisation d'un petit musée de géologie au sein du laboratoire, présentant à la fois des éléments de pétrographie et minéralogie fondamentale mais surtout tous les éléments de géologie de la région Centre Val de Loire. Il soutiendra avec les équipes géologues du Laboratoire (Jean-Marie Lorain, Paul Cario, Philippe Maillard ou Jean-Claude Jouanneau) de nombreuses publications et travaux sur la géologie de la Région Centre Val de Loire. Il rédige en collaboration avec C.Régis un supplément spécial sur les éléments de minéralogie et de géotechnique routière[3].

Il participe au jury de thèse de J.J. Macaire[4] qui apportera sa contribution à l'étude des formations superficielles entre Artenay et Meung-sur-Loire en collaboration étroite avec les équipes de géotechniciens de Blois qui étudieront le tracé de l'autoroute A10.

Dans le réseau des laboratoires, le renom de Maurice Champion est établi depuis longtemps. Son dévouement au service public, sa réputation d’un patron exigeant envers ses hommes, sa forte personnalité et son ardeur en travail ont fait du Loir-et-Cher un département pilote en matière d’innovation et de contrôle en construction routière. Nommé Chef de l’agence Région Centre du CETE, il prend sa retraite le 27 novembre 1986. Ce père de cinq enfants – trois filles et deux garçons – est également premier Adjoint au maire de Blois. Pour son activité professionnelle, il a reçu la distinction de chevalier de l’ordre National du Mérite, puis celle d’Officier de l’Ordre National du Mérite, tandis que son activité personnelle pour la Protection du Vieux Blois lui a valu celle de Chevalier des Arts et Lettres.


Il décède à l'âge de 94 ans en juillet 2015.

Références

  1. Comité d'Histoire du ministère de l'Equipement (2003). L'aventure des Laboratoires régionaux des Ponts et Chaussées. Une histoire qui débute en 1952... Editions Presses de l'ENPC. ISBN 2-85978-378-4. 258 pages.
  2. Dufay J.C; et Piccardi J. (1985). Scorpion. Premier système de radioscope télévisé haute énergie pour le contrôle non destructif des ouvrages d'art en béton précontraint. Bull. liaison des P.&Ch. n°139, sept.-octo. 1985.
  3. Champion M., Regis C. (1979). Eléments de minéralogie et de géotechnique routière. Guide pratique de construction routière. Fasc.2. Supplément au numéro 550 de la Rev. Gén. des Routes et des Aérodrômes, février 1979.
  4. Macaire J.J. (1971) - Étude sédimentologique des formations superficielles sur le tracé de l'A 10 entre Artenay et Meung-sur-Loire. Thèse de 3ème Cycle (Géologie), Université d'Orléans,
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