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Wikibardig:La vérification de la mesure

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Sommaire


La mesure par l'exploitant

Pour réaliser les mesures d'auscultation, l'exploitant peut utiliser divers outils, allant d'un tableau papier à un périphérique électronique portable.

Les conditions essentielles pour obtenir des séries de mesures fiables et de qualité sont les suivantes :

• les différents instruments de mesure doivent être clairement identifiés avec un système qui ne laisse aucune ambiguïté (par exemple une lettre par type d'instrument, une éventuelle identification de la rive ou de la galerie et une numérotation dans un ordre logique) (Photos 1 et 2). Avec le temps et les différentes évolutions apportées au système d'auscultation, il peut parfois être intéressant de reprendre complètement un système d'identification qui serait devenu trop complexe ;

• le repérage des instruments doit également être rigoureux avec un report sur des vues en plan et des coupes qui figurent dans la consigne de surveillance du barrage ;

• les systèmes de lecture des mesures doivent être facilement accessibles et bien éclairés.

Qualté de la mesure-Piezo.jpg
Fissuromètre.PNG
Identification d'un piézomètre (photo P. Royet - Irstea - G2DR) Identification d'un fissuromètre (photo G. Degoutte - Irstea - G2DR)



Lorsque l'opérateur effectue une mesure (éventuellement répétée si la consigne le prescrit), il doit vérifier si la valeur mesurée est dans la gamme des mesures précédentes. Cette opération est largement facilitée quand l'opérateur utilise un outil de saisie électronique qui contient cette fonctionnalité d'aide. Mais, même en cas de saisie sur un tableau papier, on peut y faire figurer les plages habituelles de variation des mesures. En cas de mesure "anormale" (c'est-à-dire sortant des plages habituelles de variation de l'appareil considéré), l'opérateur effectue une vérification du bon fonctionnement de l'appareil puis renouvelle la mesure.

De retour au bureau, l'opérateur archive les mesures dans la base de données dédiée. Cette opération s'effectue automatiquement si l'on a utilisé un outil électronique lors de la tournée. Une saisie numérique est nécessaire au bureau en cas d'utilisation d'un tableau papier lors de la tournée ; des erreurs de retranscription des données sont alors possibles. Ensuite, il convient d'afficher à l'écran le graphe des mesures brutes, ce qui permet visuellement d'identifier une mesure "anormale" (au même sens que ci-dessus) qui n'aurait pas été repérée lors de la tournée ou qui serait le fruit d'une erreur de saisie. Le cas échéant, un retour sur le terrain pour vérification de l'instrument et nouvelle mesure permettra de confirmer ou d'infirmer la mesure initiale.


Mesures auscultation.PNG Exemple de graphe des mesures brutes


Cette analyse, que l'on qualifie souvent de "premier niveau", peut être un peu plus approfondie. En particulier, le tracé du graphe des mesures brutes en regard de la cote du plan d'eau permet de détecter des mesures qui se détachent des tendances habituelles. Enfin, certains logiciels permettent, au niveau de leur module de saisie, de déceler les mesures situées en dehors d'une plage pré-imposée pour chaque instrument, cet intervalle étant mobile en fonction de la saison et de la cote du plan d'eau.

Si le caractère "anormal" de la mesure persiste, l'opérateur doit alors en informer sa hiérarchie et le cas échéant le bureau d'études en charge de l’auscultation. Si nécessaire, l’exploitant informe le service de contrôle (exemple : forte montée piézométrique sur quelques jours, déplacement excessif d'un pendule). On entre alors dans le cadre des procédures de gestion de situations anormales voire de crise.

L'analyse qualitative des mesures par le bureau d'études

Les mesures sont destinées à alimenter le contenu du rapport d'exploitation, mais doivent aussi être exploitées dans le cadre du suivi continu du comportement de l'ouvrage. A cet effet, l'exploitant transmet périodiquement les séries de mesures d'auscultation à son bureau d'études (la périodicité est précisée dans les consignes écrites - une périodicité mensuelle à trimestrielle est recommandée). Le bureau d'étude peut soit être extérieur à la société d'exploitation (cas de la plupart des exploitants de barrages autorisés), soit faire partie de l'ingénierie intégrée au maître d'ouvrage. Il doit être régulièrement chargé de visites techniques approfondies des ouvrages, dont il cultive la connaissance du dossier technique.

Dès réception, l'ingénieur chargé de l'analyse des mesures doit s'attacher aussi à identifier toute mesure "anormale" d'abord à partir du graphe des mesures brutes, puis sur le graphe des mesures à conditions identiques si le logiciel le permet. Un contact est alors établi avec l'agent d'exploitation ayant fait les mesures, dans le but d'essayer d'apporter une explication à la mesure concernée (défaut de l'appareillage, conditions particulières le jour de la mesure, erreur humaine, ...).

Si une telle explication peut être trouvée, nous recommandons de garder telle quelle la mesure sur le graphe des mesures brutes et de cercler le point en y associant l'explication trouvée. Cela permettra de garder la mémoire de tels défauts et de leur correction éventuelle, ces aspects ayant bien évidemment vocation à être abordés par l'exploitant et le service de contrôle lors des réunions d'inspection périodique. Ce n'est qu'au stade de l’analyse statistique que l'ingénieur pourra éventuellement corriger ou éliminer une mesure jugée et confirmée "anormale".

Enfin, la comparaison des mesures de l’année en cours par rapport aux mesures des années précédentes, sur un graphe en fonction de la cote, permet de déceler rapidement d’éventuelles dérives.

Référence

Royet P., Hoonacker M., Félix H. (2012). Les mesures d'auscultation : principes et outils - le rapport d'auscultation. Colloque CFBR - Auscultation des barrages et des digues - Pratiques et perspective, Chambéry, 27-28/11/2012.


Pour plus d'information sur l'auteur : INRAE - UMR RECOVER - Equipe G2DR


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