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Le Rhône en 100 questions : 10-03 Le Rhône est-il porteur d’une culture de fleuve pour ses riverains ?

De Wikigeotech
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Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.











Il peut a priori paraître surprenant de parler de culture à propos du fleuve. Pourtant, lorsque l’on examine les différentes dimensions des relations qui l’unissent à ses riverains, on mesure combien il structure leur quotidien. Émerge alors un ensemble de traits faisant que l’on peut se reconnaître comme partageant une même histoire et une même familiarité avec cet élément de nature.

Sommaire


Savoirs et savoir-faire


la tarasque monstre legendaire du rhone
Si le Rhône « fait culture », c’est parce que ses riverains en tirent parti : s’alimenter, échanger, transformer son courant en énergie… sont quelques unes des fonctions qu’il remplit. Or, ceci ne peut s’envisager sans élaborer des dispositifs techniques : du plus simple – une ligne de pêche, au plus compliqué – un barrage.
Ainsi, utiliser le fleuve oblige l’Homme à inventer, à construire… ; s’édifie ici un ensemble de savoirs et savoirfaire sans lesquels l’entreprise se révèlerait vite impossible.
Car, le fleuve est un élément de nature changeant : assecs et hautes eaux, déplacements du lit… se succèdent dans le temps et dans l’espace ; il réagit également à l’empreinte de l’Homme et de ses activités : digues, plantations, urbanisation, barrages… Dès lors, l’ensemble des savoirs construits et acquis par tous ceux qui sont en relation avec le Rhône doivent en permanence être recomposés pour intégrer les conséquences de ces actions sur le milieu ainsi que sa transformation sous l’effet de facteurs externes.





Un voisin envahissant


Si le Rhône « fait culture » c’est aussi parce qu’il constitue un « voisin envahissant » : toute son histoire est marquée par les grandes inondations, qui masquent cependant celles de moindre importance qui envahis-saient quand même régulièrement les cités riveraines.
La solidarité est une des réponses que les sociétés locales apportent à un phénomène qui désorganise leur quotidien, couplée à la mobilisation de savoirs visant à anticiper le phénomène, ainsi qu’à une organisation de la ville et de l’habitat permettant de vivre avec l’aléa.

Jouer et se jouer


la tarasque se fete toujours a donzere
C’est donc dans cette confrontation permanente avec le fleuve à la fois ressource et menace que se construit la relation au Rhône. Techniques, inventions, savoirs en sont les conditions matérielles à partir desquelles peut se voir comment l’Homme joue avec la nature. Mais, ce jeu est aussi le fruit des valeurs dominantes et des représentations qu’il se fait de cette relation : faire avec et maîtriser sont deux attitudes différentes se traduisant dans des dispositifs dont les effets sur le milieu naturel n’engendreront pas les mêmes conséquences.


Le fleuve est aussi un « théâtre social » : c’est par lui que le petit garçon intègre le groupe des jeunes gens à l’occasion de l’épreuve de sa traversée à la nage ; il est le support de fêtes et manifestations révélatrices de la valeur que la société lui donne, à un moment donné de son histoire ; il est le personnage central d’histoires qui se colportent en permanence.




Miroir et territoire


Enfin, s’il peut prendre l’allure d’une frontière, parce qu’il est sans cesse parcouru en tous sens, il représente un territoire qui à la fois sépare et unit ses riverains.
De même, c’est parce qu’il engloutit et transporte au-delà qu’il constitue un commode réceptacle pour les déchets des sociétés qui le bordent. Et puis, à le côtoyer on s’aperçoit vite qu’à l’image de l’Homme lui-même il est
toujours identique et toujours différent, coulant sans cesse comme s’écoule jour après jour la vie humaine.
C’est donc cet ensemble complexe constitutif de la relation des riverains avec le Rhône qui, au fil des générations, se transmet et se recompose.

Pratiques, usages, représentations s’inscrivent au sein d’une histoire que chacun interprète et reconstruit en permanence, au gré des évènements qui font le quotidien des cités riveraines.
Et parce que cette histoire est propre au Rhône, parce que sa fréquentation appelle des savoirs qui lui sont spécifiques, parce que cette relation produit des effets originaux…, nous pouvons parler d’une culture de fleuve.


Ce qu’il faut retenir


Parce que la relation Homme/Fleuve est faite de technique, de symbolique, de juridique… elle fait « culture » au sens où elle structure et organise la vie, les façons de faire, les modes de penser des riverains du Rhône.
Cette culture est mouvante et changeante au gré des évènements que connaît et subit le fleuve.



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