S'abonner à un flux RSS
 

Wikigeotech:Masque drainant

De Wikigeotech
Version du 20 mars 2020 à 17:12 par Yasmina Boussafir (discuter | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)

Sommaire

Objectif

L'objectif d'un masque drainant est d’intercepter l’eau dans les talus d'un déblai. Il peut également agir comme massif de retenue afin d’accroître la stabilité générale auquel cas il fait office de masque poids. Ils peuvent être utilisés dans les déblais réalisés (même temporairement) sous le niveau de la nappe phréatique. La mise au point du système et surtout de sa géométrie imposent des calculs spécifiques où les caractéristiques mécaniques des sols encaissants prédominent.

L'interception des arrivées d'eau en talus par le masque drainant contribue à l’assainissement de la plate-forme.

Schémas type

Le masque drainant substitue au sol en place par un massif de matériau drainant sur une grande longueur (dans toute la zone potentiellement instable). Excepté dans le cas où le matériau drainant peut jouer le rôle de filtre vis-à-vis du sol encaissant (cas très peu fréquent), le massif repose sur un géotextile filtre et renferme en pied un tuyau drainant destiné à faciliter et accélérer l’évacuation des eaux collectées. Ce tuyau drainant doit impérativement être obstrué en amont. Des paramètres, tels l’importance des débits, l’esthétique des talus, les problèmes d’engazonnement, les volumes de matériaux à déplacer, la pente du talus définitif, sont à prendre en compte dans le dimensionnement de l'ouvrage. Ils peuvent varier d’un site à l’autre.

Des techniques particulières permettent de raidir la pente propre du masque (mélange de sable et de fils synthétiques, clouages par pieux ou cornières).

Mode d’exécution

Par principe, le masque est destiné à stabiliser des talus peu stables. Ces ouvrages sont souvent réalisés dans des conditions de chantier difficiles (stabilité critique, venues d’eau, sols peu portants). L’avancement par plots de longueur limitée permet d’assurer une meilleure stabilité pendant la durée du chantier. Les terrassements et la pose du massif sont ainsi réalisés le plus souvent à la pelle mécanique à petite cadence.

Compte tenu des conditions souvent difficiles, il ne faut pas se focaliser sur la régularité des parois et du fond de la zone d’extraction, qui peuvent être et demeurer irréguliers (surtout, ne pas reprofiler à l’aide des matériaux extraits...). La régularité de la pente du tuyau drainant de collecte et d’évacuation est par contre impérative ; pour des problèmes de précision, éviter d’adopter des pentes inférieures à 2 cm par mètre pour les masques.

La végétalisation, si elle s’impose, peut s’effectuer en intercalant un filtre géotextile et à l’aide d’un géosynthétique alvéolaire ou d’une géogrille. A noter que, dans certains cas particuliers, un géocomposite peut être utilisé à la place ou en complément du matériau drainant. Dans ce cas un complément de matériau (pas forcément drainant) est souvent nécessaire pour assurer la stabilité mécanique du talus et faire poids.

Pérennité et entretien

La masse drainante, enfouie, ne peut faire l’objet d’un quelconque entretien. Le drain d’évacuation doit pouvoir être accessible et comporter des regards de visite tous les 25 à 50 m (selon le degré de sécurité voulu) pour les masques.

Une visite complète (y compris par vidéo dans les drains) est souhaitable à l’issue du chantier et un plan de récolement précis est indispensable.

En ce qui concerne l’entretien, il faut prévoir un relevé visuel (appréciation des débits et surtout du colmatage) de l’état des orifices des drains à chaque regard et selon un rythme plus soutenu en début de vie de l’ouvrage ; par exemple visite à 1 mois - 3 mois - 6 mois - 1 an.

Un hydrocurage est conseillé au moins tous les 3 à 5 ans (plus souvent si le suivi précédent a montré une tendance à un encroûtement rapide).

Éléments nécessaires au dimensionnement

  • La géométrie du projet (en particulier la pente du terrain naturel sur profil en travers) ;
  • Les caractéristiques hydrodynamiques des sols (géométrie des aquifères, discontinuités, perméabilités, sens d’écoulement, variations piézométriques) ;
  • La nature des sols : celle-ci intervient pour définir les propriétés du filtre à mettre en place ;
  • Certains éléments particuliers à la technique :
    • La blocométrie ou la granulométrie des matériaux à mettre en place : celle-ci intervient pour définir la masse volumique du masque et les conditions de mise en oeuvre (épaisseur des couches des différents plots) ;
    • La qualité des sols supports (en particulier le d85 des sols) pour l’appréciation de l’état du fond de fouille et de sa régularité lors du terrassement et la pose des drains ;
    • Les caractéristiques géomécaniques des matériaux en talus (cohésion et angle de frottement interne des sols encaissants).
Outils personnels