S'abonner à un flux RSS
 

Stabilisation des boues (HU)

De Wikigeotech
Version du 30 juin 2020 à 08:45 par Bernard Chocat (discuter | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)

Traduction anglaise : Sludge stabilization

Dernière mise à jour : 28/12/2019

Deuxième étape du traitement des boues de station d’épuration, après l’épaississement et avant la déshydratation, qui permet de réduire leur teneur en matière organique et/ou leur pouvoir fermentescible. Il existe plusieurs procédés pour stabiliser les boues.

Sommaire

La stabilisation aérobie

Il s'agit d'un procédé de stabilisation dans lequel la matière organique des boues est oxydée par voie biologique dans un bassin d’aération à ciel ouvert, à température ambiante. Les dispositifs d’aération sont soit des diffuseurs d’air, soit des aérateurs de surface, ces derniers présentant l’inconvénient de provoquer à la longue une destruction mécanique des flocs préjudiciable à leur déshydratation ultérieure. La réduction de la teneur en matière organique des boues dépend du temps de séjour, de la température et des caractéristiques des boues, et ne dépasse que rarement 10 à 20%.

Séchage de boues sur lits de séchage (boues fraiches et boues sèches) ; crédit photo Patrick Savary.

La stabilisation aérobie thermophile

C'est un procédé de stabilisation des boues dans lequel la matière organique des boues est oxydée par voie biologique dans un bassin d’aération couvert et/ou isolé. Une forte aération est nécessaire, et la montée en température (45 à 55°C) se fait naturellement en raison du caractère exothermique des réactions d’oxydation de la matière organique. La réduction de la teneur en matière organique des boues atteint aisément 40 à 50%.

La digestion anaérobie

Dans ce procédé de stabilisation, la matière organique des boues est dégradée par l’intermédiaire de bactéries anaérobies mésophiles (dans le cas des installations les plus courantes) ou thermophiles (dans des cas plus rares) qui transforment la matière organique en méthane (65 à 70%) et en gaz carbonique (25 à 30%). Cette dégradation est réalisée dans un digesteur, dans lequel la température doit être maintenue aussi constante que possible. Le temps de séjour des boues, leur concentration élevée, la régularité de l’alimentation du digesteur et un brassage efficace sont des conditions importantes pour garantir une digestion performante. La réduction de la teneur en matière organique des boues atteint généralement 50%. Cette opération réduit également d'environ un tiers le poids des matières sèches et de moitié le volume des boues. Cette solution est relativement sûre en l'absence de produits antibiotiques ou antiseptiques dans l'effluent, susceptible d'arrêter l'action des micro-organismes.

Boues digérées (noires) et non digérées après déshydratation par centrifugeuse ; crédit photo Patrick Savary.

La stabilisation chimique

Le pouvoir fermentescible des boues, responsable des odeurs désagréables, est neutralisé par l’ajout de réactifs chimiques tels que la chaux, le chlorure ferrique ou le sulfate d’aluminium. Avec ce procédé, il n’y a aucune réduction de la teneur en matière organique des boues, lesquelles peuvent à nouveau fermenter si les conditions du milieu le permettent. La stabilisation chimique est également utilisée en complément d’une stabilisation aérobie, thermophile ou non, dont les boues résultantes restent fermentescibles en conditions anaérobies. Ce procédé présente en outre l'avantage de ne nécessiter qu'un volume réduit, en revanche il nécessite l'achat des réactifs.

La stabilisation thermique

Il s'agit d'un procédé de stabilisation des boues dans lequel la structure colloïdale de la boue est détruite par chauffage à 150/200 °C sous une pression de 15 à 20 bars pendant 30 à 60 minutes. Ce procédé facilite la déshydratation ultérieure des boues dont la teneur en matière organique est réduite de 20 à 40%. Elle permet également de limiter les émanations d'odeurs et de stériliser des boues.

Boues compostées, cendres de boues incinérées et boulets de boues séchées thermiquement; crédit photo Patrick Savary.


Pour en savoir plus : Memento Degrémont

Outils personnels