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Le Rhône en 100 questions : 5-13 Qu’appelle-t-on « crue de référence »?

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le rhone en 100 questions multi579
Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.











La notion de « crue de référence » renvoie à des dispositions réglementaires : c’est en effet sur cette base que sont élaborés les Plans de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI).
La définition qui en est donnée par de nombreuses circulaires interministérielles est celle de « la plus forte crue connue, ou si cette crue est plus faible qu’une crue centennale, cette dernière ».



Ce choix répond à une double volonté : d’une part se référer à des évènements qui se sont déjà produits (et sont donc susceptibles de se produire de nouveau), et d’autre part privilégier la mise en sécurité de la population en retenant des crues de fréquence rare.
La crue de référence est donc soit une crue historique documentée (crue du 28 janvier 1910 de la Seine à Paris, crue de novembre 1840 dans le Val de Saône, crue du 2 novembre 1859 de l’Isère à Grenoble, etc.), soit une crue modélisée pour une occurrence centennale (basse vallée de l’Ain, Eyrieux, Lez, Bourbre, etc.).

reperes de crues

Quelle est la crue de référence du Rhône ?


  • À l’amont de Lyon : La crue de référence est, selon les secteurs, celle de 1927, 1944 ou 1990 ; toutes sont proches de la crue centennale ou supérieures.
  • À l’aval de Lyon : Dans la liste des grandes crues qui ont affecté le Rhône à l’aval de Lyon, l’événement de mai 1856 constitue le record depuis 1840, date des premières observations bien documentées ; elle est notamment supérieure aux crues de 1840 et 2003. Au titre de la plus forte crue connue, elle constitue donc la « crue de référence » à l’aval de Lyon.


Exemple parfait de crue généralisée, la crue de mai 1856 a affecté l’ensemble du bassin du Rhône, soumis à des pluies océaniques au nord et méditerranéennes au sud ; la concomitance quasi-généralisée des apports des affluents, Isère et Durance en particulier, conduisit à des combinaisons désastreuses.
Pardé écrivit ainsi : « la crue de 1856 fut la plus simple et la plus brutale des crues généralisées du Rhône ; […] par les désastres engendrés, elle compte parmi les plus terribles des cataclysmes qui aient dévasté les rives des fleuves français ».


Quel est l’aléa de référence ?


La cartographie de l’aléa est un des éléments de base du PPRI . Elle fournit les limites de la surface inondable pour la crue de référence : en fonction du niveau de gravité de l’aléa, des règles relatives à l’urbanisation et à l’usage des sols peuvent être édictées.
L’aléa de référence du Rhône sera déterminé par une modélisation du débit de la crue de référence (donc selon les secteurs des crues de 1927, 1944 ou 1990 à l’amont de Lyon, et de la crue de 1856 à l’aval de Lyon) aux conditions d’écoulement actuelles.
En effet, les modifications de ces conditions d’écoulement ont été importantes depuis 1856 : évolution du lit mineur (épis Girardon,
incision ou exhaussement des fonds, développement des marges boisées), aménagements de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), implantation dans le lit majeur d’infrastructures… Il convient donc maintenant de connaître comment les débits historiques s’écouleraient et quelles inondations ils occasionneraient dans le contexte actuel.


Crue centennale : déterminée par traitement statistique, une crue centennale présente une probabilité d’être atteinte ou dépassée au moins une fois de 1 % sur 1 an (soit 1 « chance » sur 100) ; sur 100 ans continus, une telle crue présente une probabilité d’occurrence de 63 % (soit quasi 2 « chances » sur 3).
Aléa : phénomène naturel, d’occurrence et d’intensité données. Les inondations se caractérisent par leur nature (de plaine, crues rapides, crues torrentielles, par remontée de nappe…), notamment par leur hauteur d’eau, la vitesse de montée des eaux et du courant, la durée de submersion.


Ce qu’il faut retenir


La crue de référence est la plus forte crue connue, ou si cette crue est plus faible qu’une crue centennale, cette dernière.
Elle est caractérisée notamment par son aléa de référence, qui dans le cas du Rhône est une modélisation du débit de la crue de référence aux conditions actuelles d’écoulement. Selon les secteurs du Rhône, les dates de crue de références sont donc différentes.




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