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Fleur d'eau (HU)

De Wikigeotech
Version du 31 mai 2020 à 19:04 par Bernard Chocat (discuter | contributions)

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Traduction anglaise : Algal bloom, Algae bloom

Dernière mise à jour : 5/3/2020

Remontée et accumulation en surface d'algues, consécutives à une prolifération brutale de certaines espèces (cyanophycées, algues filamenteuses), elle-même due à un phénomène d'hyper-eutrophisation.

Source : Le Moal (2016).


Sommaire

Causes des fleurs d'eau

Les fleurs d'eau apparaissent généralement dans les milieux aquatiques fermés et peu profonds recevant un excès de nutriments. Si le milieu aquatique récepteur se caractérise également par une dilution et une dispersion faibles, les risques d'enrichissement nutritif augmentent. Ces conditions peuvent alors causer une explosion dans la croissance des algues qui a comme conséquence une production très forte associée à une très faible diversité algale. Si la population d'algues se compose d'espèces produisant des toxines, d'autres dommages peuvent résulter de la concentration de produits toxiques dans la chaîne alimentaire. Les fleurs d'eau peuvent se produire quand les concentrations en azote inorganique et en phosphore inorganique excèdent respectivement 0,3 mg/L et 0,02 mg/L.

Mécanismes d'apparition

La mécanique de l’apparition d’une fleur d’eau est relativement simple : durant l'hiver et le printemps la température joue le rôle de facteur limitant dans le développement de la végétation. L'azote et le phosphore s'accumule dans les sédiments, et éventuellement dans certaines plantes. Lorsque la température et la luminosité deviennent favorables, ces nutriments deviennent utilisables par le phytoplancton ou pour certaines algues filamenteuses qui se développent alors de façon très rapide. Le symptôme est l'apparition d'algues, souvent très colorées au voisinage de la surface.

Conséquences des fleurs d'eau

La principale conséquence est une dérégulation du cycle journalier de l'oxygène dissous. Durant la journée, la production d'oxygène par photosynthèse est importante et le taux d'oxygène dissous augmente ; la nuit, en revanche, la respiration de la végétation et la dégradation aérobie de la matière organique consomment l'oxygène en grande quantité et le taux d'oxygène dissous descend brusquement, mettant en danger la survie des poissons et des invertébrés. Plusieurs éléments complémentaires peuvent encore contribuer, en s'enchaînant, à accroître la gravité du phénomène :

  • l'accroissement de la densité de phytoplancton empêche la lumière solaire de pénétrer profondément dans la masse d'eau, limitant la photosynthèse et défavorisant les diatomées et les chlorophycées au profit des cyanophycées (toxiques pour beaucoup d'espèces) ;
  • l'absorption du rayonnement solaire dans les couches superficielles augmente la température de l'eau au voisinage de la surface, favorisant l'apparition d’une thermocline et interdisant les mélanges entre l'eau de surface et l'eau profonde. Voir Stratification.
Adapté de l’illustration d’Edika publiée en page couverture de Fluide Glacial no 278 ; Modification : Francine Matte-Savard, MDDEP, 2005 ; Source : Blais, 2008.

Moyens de lutte

Les moyens de lutte contre les fleurs d'eau sont potentiellement multiples mais la complexité du phénomène rend souvent difficile le choix et / ou la mise en œuvre d'une solution réellement efficace. Les actions suivantes peuvent avoir un rôle favorable :

  • limiter les apports en nutriments ; cette action sera efficace si l'on est effectivement capable de réduire les apports de façon suffisante pour que les quantités résiduelles d'azote ou de phosphore constituent un facteur limitant de la production primaire. Limiter les apports en nitrates si c'est le phosphore qui constitue le facteur limitant peut aggraver la situation en modifiant la valeur du rapport N/P ;
  • prélever une partie de la biomasse de façon à limiter la remise en circulation des éléments nutritifs (par exemple par faucardage). Pour être efficace cette action doit être conduite en juillet ou en août avant que la végétation aquatique n'ait stockée ses réserves dans ses organes souterrains (racines, rhizomes, etc.) ;
  • planter des arbres susceptibles d'empêcher l'énergie solaire d'arriver jusqu'au milieu aquatique de façon à limiter la photosynthèse ;
  • brasser l'eau de façon à empêcher la formation de la thermocline ;
  • injecter de l'air en profondeur pour améliorer la réoxygénation de l'eau ;
  • traiter la fleur d’eau par l'épandage de sulfate de cuivre (0,05 à 1,5 mg/L selon la forme et l'étape du développement des algues) ou des désherbants organiques ; cette solution est cependant dangereuse pour les écosystèmes.

Nota : le terme bloom algal qui est un anglicisme est à éviter.

Pour en savoir plus :

Bibliographie :

  • Blais, S. (2008) : Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries. Comment les distinguer des végétaux observés dans nos lacs et nos rivières, 3e édition, Direction du suivi de l’état de l’environnement, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des parcs ; ISBN : 978-2-550-52408-3 (version imprimée), 54 p.

Voir également :  Eutrophisation, Hyper-eutrophisation.

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