S'abonner à un flux RSS
 

Le Rhône en 100 questions : 7-01 Quelles espèces de poissons peuplaient le Rhône au début du xxe siècle ?

De Wikigeotech
le rhone en 100 questions multi579
Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.











Deux épisodes hydro-géologiques majeurs ont déterminé la composition des peuplements de poissons du Rhône contemporain. Ils possèdent en effet :

  • une empreinte qu’on peut qualifier «d ’alpine », caractérisée par des captures de bassins au Tertiaire et par la recolonisation post-glaciaire, faisant du Rhône un cousin plus ou moins éloigné du Rhin et du Danube ;
  •  une empreinte méridionale résultant de la mise en contact avec des fleuves méridionaux lors de l’abaissement des niveaux de la Méditerranée et de la Mer Noire à la fin du Miocène et dans les périodes interglaciaires. Des espèces comme le barbeau méridional (absent dans le Rhône), le blageon et le toxostome sont emblématiques de ces échanges.


Sommaire

La faune du Rhône


la perte du rhone aujourd hui sous les eaux de la retenue de genissiat
  • Au début du xxe siècle, cinquante et une espèces de poissons appartenant à dix-neuf familles étaient dénombrées sur le Rhône français. Avec vingt-deux espèces, la famille des cyprinidés est la mieux représentée. À ces espèces typiquement dulçaquicoles, on doit ajouter les espèces marines ou d’eau saumâtres de cinq familles répertoriées principalement dans le delta : les Athérinidés (le joel), les Gobiidés (le gobie noir, le gobie tacheté), les Moronidés (le loup), les Mugilidés (plusieurs espèces de mulets), les Pleuronectidés (le flet) et les Syngnathidés (le syngnathe de lagune). Le nombre total d’espèces atteint soixante (voir tableau pages suivantes).
  • Compte-tenu de l’histoire du bassin versant, la faune piscicole du Rhône est relativement riche.
    – Parmi les espèces présentes au début du siècle, seul l’esturgeon a véritablement disparu. Cette espèce migratrice, déjà surpêchée au xviiie siècle, a été fortement mise en danger par la construction du barrage de Donzère en 1952 et a complètement disparu après celle du barrage de Beaucaire. Selon Quignard, la capture du dernier spécimen, d’un poids de 80 kg, date de 1973.
    – L’apron est une espèce endémique (dont l’aire de répartition est bien limitée) du Rhône dont l’aire de répartition historique était étendue et remontait jusqu’en Savoie à l’aval des Pertes du Rhône. Il est aujourd’hui pratiquement absent du Rhône luimême.
    La dernière observation date de mai 1985 à Vernaison dans le Vieux-Rhône de Pierre-Bénite.
    Quelques individus ont été répertoriés à Yenne et dans le Canal de Miribel entre 1950 et 1980. L’espèce est aujourd’hui présente dans quelques bassins versants affluents du Rhône (Doubs, Ardèche, Durance) et fait l’objet d’un programme Life (http://www.cren-Rhônealpes.fr).


La structure du peuplement


la lone des graviers grand jean aux avenieres
Trois caractéristiques majeures déterminent l’organisation du peuplement piscicole rhodanien :
  •  la forte pente du cours d’eau jusqu’au palier d’Arles qui classe historiquement la majorité du linéaire dans la zone à barbeau ;
  •  la température froide des eaux qui permet le maintien de populations cryophiles (organisme adapté et capable de survivre à des températures froides) (truite, ombre commun, vandoise, chabot…) ;
  •  l’absence d’obstacle infranchissable naturel avant les Pertes du Rhône qui permet une large distribution, y compris sur le Haut Rhône, des migrateurs que sont l’alose, l’anguille, l’esturgeon, la lamproie marine et la lamproie fluviatile. Seules quelques anguilles franchissaient cet obstacle naturel. Aujourd’hui, l’alose et les deux espèces de lamproies sont absentes du Haut Rhône. Suite aux actions récentes de facilitation du franchissement des écluses, l’alose remonte jusqu’à Montélimar et fraye dans le Gardon et l’Ardèche. Les lamproies ne remontent guère en amont d’Avignon.


Les espèces « emblématiques »


  •  Les espèces migratrices comptent parmi les espèces les plus emblématiques du Rhône.
  •  L’ombre commun, abondant entre le « Parc » et Yenne (sortie de la Perte du Rhône jusqu’à la confluence avec les Usses) à la fin du xixe siècle, peut être considéré comme une espèce emblématique du Haut Rhône.
  •  La seule espèce endémique du bassin, l’apron, est l’espèce phare du Rhône.
    la lone de la desirade a donzere

Ce qu'il faut retenir


Le peuplement de poissons du Rhône, semblable à celui du Rhin et du Danube, compte moins d’espèces en raison de l’histoire du bassin versant (glaciations, voies de recolonisation…).
Au début du xxe siècle, le Rhône comportait au moins soixante espèces en incluant le delta. À ce jour, seul l’esturgeon a complètement disparu
et la présence de l’apron dans le Rhône est incertaine. L’aménagement du fleuve au cours du siècle passé a limité l’amplitude de migration des grands migrateurs.


Liste des espèces du Rhône français et son delta.
L’origine des espèces est indiquée (Nat : native, Int : introduite), la lettre D signifie que l’espèce a disparu dans le secteur concerné et la lettre E est réservée aux espèces endémiques.

liste des especes du rhone francais et son delta multi646
liste des especes du rhone francais et son delta multi643
liste des especes du rhone francais et son delta
liste des especes du rhone francais et son delta multi645



question précédente |retour au sommaire |question suivante


Outils personnels