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Le Rhône en 100 questions : 6-08 Les activités industrielles actuelles et anciennes polluent-elles le fleuve ?

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Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.










S’il existe encore des rejets polluants dans le Rhône, ils font l’objet d’un encadrement et d’une surveillance réglementaires extrêmement stricts, et les industriels ont engagé des efforts très importants dans les dernières décennies pour en réduire le volume et les effets.
Des problèmes particuliers subsistent, mais des actions sont engagées pour les résorber. Nous héritons aussi des pollutions issues de notre industrie passée et celles-ci doivent faire l’objet d’une gestion rigoureuse et pérenne.

Sommaire


L’évolution du lien entre l’industrie et le Rhône


industries canal de l amenagement de pierre benite

Historiquement, l’industrie s’est implantée le long du Rhône et ses affluents, pour utiliser cette eau dans les procédés mis en oeuvre (teinturerie, papeterie, refroidissement…) et bénéficier de l’énergie issue du travail de l’eau. Dans le même temps, les eaux polluées issues des fabrications, des lavages, voire des écoulements de pluie sur des zones souillées, étaient directement rejetées au fleuve. Nous avons donc hérité des conséquences de cette industrie en plein développement au coeur du xxe siècle.
À peu près tous les secteurs industriels sont potentiellement des émetteurs de substances polluantes : agroalimentaire, chimie, mécanique, papeterie, pétrochimie, pharmacie, traitement des métaux, teinturerie, traitement des déchets…
Guidés par l’encadrement réglementaire de plus en plus strict et par le système de « redevance, pollution » et d’aide financière de l’Agence de l’Eau pour le traitement des eaux, des progès notable ont été obtenus ces dernières décennies. Ces progrès concernent deux volets : la prévention du risque de pollution accidentel et incidentel, et les actions curatives.



  • Des mesures de prévention ont été prises au sein des entreprises pour :
  – récupérer les fuites des produits dangereux grâce à des capacités de rétention installées sous les réservoirs de stockage des produits,
vue du port edouard herriot

  – détourner les rejets accidentels (incendie, dérive de procédé…) vers des bassins de secours,
  – former les personnels des entreprises au risque pour l’environnement et aux conduites à tenir en cas d’accident.
  • Des efforts continus ont été menés parallèlement pour la réduction des rejets chroniques constitués des eaux de procédés, des eaux de nettoyage, des eaux de lavage des effluents gazeux, et des eaux de pluies souillées. Ils portent sur :

  – des modifications de procédés et l’arrêt d’utilisation de produits polluants,
  – la séparation des eaux de refroidissement (ou des eaux pluviales) d’avec les eaux de procédés afin de concentrer les traitements,
  – la mise en place de traitements globaux des effluents aqueux (station physico-chimiques, station biologique…),
  – la mise en place de traitements spécifiques à un polluant ou à un procédé (exemples : précipitation des métaux, stripping puis condensation de composés organiques, micro-filtration, osmose inverse…),
  – le traitement de certains effluents en tant que déchets (exemple : bains de traitement de surface des métaux).




Les rejets industriels aujourd’hui et demain


[[Image:port_saint_louis_[©_p_gaydou.jpg|center|thumb|180px|port saint louis [© p gaydou]]Aujourd’hui, les rejets industriels sont réglementés dès lors que les établissements sont des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). À ce titre, des prescriptions sont édictées par le préfet du département sur les conditions de rejet avec des valeurs limites (en termes de concentration et de flux) par type de polluants. Ces valeurs sont fixées en tenant compte à la fois de la réglementation nationale et européenne et des impacts potentiels locaux liés à ce rejet.
Par ailleurs, les rejets industriels dans les réseaux publics d’eaux usées doivent obligatoirement faire l’objet d’une autorisation de raccordement entre le gestionnaire du réseau et l’entreprise, qui encadre la nature des rejets.
Elles sont particulièrement importantes pour les activités industrielles de faibles importances (PMI, artisanat) qui ne relèvent généralement pas de la réglementation des ICPE.

Dans le cadre de l’état des lieux du bassin Rhône Méditerranée, récemment établi en application de la directive cadre européenne sur l’eau (DCE), deux constats sont faits :

  • des réductions des rejets sont possibles dans la « petite » industrie, encore peu touchée par les contraintes réglementaires et qui a rarement utilisé les possibilités d’aide de l’Agence de l’Eau notamment du fait de sa faible implication dans les structures administratives de gestion de l’eau ;
  • la réduction des rejets de micropolluants toxiques doit être poursuivie dans le domaine industriel pour atteindre l’objectif de « bon état des eaux » fixé par la DCE.

Sur le premier point, des actions collectives de mobilisation de la « petite » industrie seront menées au travers de structures de concertation et d’accompagnement. Cette mobilisation sera accompagnée de remises à jour des conventions de raccordement aux réseaux publics d’eaux usées.
Pour le deuxième point, une action conjointe des services de l’État et de l’Agence de l’eau (en tant que soutien technique et financier), devrait permettre une nouvelle réduction notable des rejets de micro-polluants.
Enfin, un effort continu est demandé aux industriels ayant les rejets les plus importants. Ils doivent remettre à l’administration au maximum tous les dix ans un bilan de fonctionnement en se positionnant par rapport aux meilleures techniques disponibles de réduction des rejets, à un coût économiquement acceptable. L’examen de ce bilan par l’administration conduit dans la plupart des cas à réviser les autorisations de rejet.


La gestion des pollutions anciennes


le rhone en crue a vernaison
Ces pollutions ont des causes multiples : accidentelles, conditions d’exploitation du moment, faits de guerre (sabordage de dépôts d’hydrocarbures par exemple). Elles concernent principalement les sols et par suite les nappes phréatiques, et dans certains cas les eaux de surface comme celles du Rhône.

Les sites potentiellement pollués ont été recensés (consultation sur internet de la base de données BASOL) et font désormais l’objet de plans de gestion afin de maîtriser les impacts éventuels et d’en assurer le suivi et la mémoire.

Ces plans de gestion portent sur la dépollution des sols ou des eaux souterraines, la maîtrise des sources de pollution, la surveillance des évolutions (qualité des eaux souterraines par exemple) et aussi le contrôle de l’usage des sols (en instaurant des servitudes).




Ce qu’il faut retenir


Oui, des polluants sont encore aujourd’hui rejetés dans le fleuve par les activités industrielles mais ces rejets ont fortement décru dans les dernières décennies et font l’objet d’un fort encadrement réglementaire et d’une surveillance renforcée. L’effort doit porter aujourd’hui sur la « petite industrie » plus diffuse et moins réglementée, sur les rejets de micro-polluants et sur l’amélioration continue par la mise en oeuvre des meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable.
Contrairement aux pollutions anciennes des sols, les pollutions historiques internes au Rhône sont encore mal appréhendées pour l’instant et devront faire l’objet d’une attention particulière.




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