S'abonner à un flux RSS
 

Le Rhône en 100 questions : 4-07 La pêche est-elle toujours une activité économique ou est-elle devenue une activité de loisir ?

De Wikigeotech
le rhone en 100 questions multi579
Cette page fait partie du deuxième chapitre: "Le fonctionnement du fleuve", de l'ouvrage '"Le Rhône en 100 questions'", une initiative de la ZABR avec l'appui de toute l'équipe du Graie et soutenue par les instances qui ont en charge la gestion du fleuve.






Sommaire

Quel est le rapport de la pêche à l’économie ?


La pêche alimentaire. Le Rhône a toujours été une ressource piscicole pour les territoires qu’il traverse, entraînant des activités économiques et des pratiques de loisir.
Autrefois, outre l’activité des pêcheurs professionnels, la pêche était également une activité économique de subsistance complémentaire des revenus des riverains.
Le pêcheur de métier, mais aussi le braconnier, fournissaient en poisson les familles des villes et villages du secteur. Le poisson invendu était distribué dans le réseau familial et d’amis. Le troc était courant, permettant au pêcheur d’échanger du poisson contre d’autres denrées alimentaires, le long du fleuve et à l’intérieur des terres occupées par des agriculteurs.
Le pêcheur amateur joignait l’utile à l’agréable en complétant les repas quotidiens de ses quelques prises.


La pêche de loisir


Aujourd’hui, seulement une vingtaine de pêcheurs professionnels exercent sur le Rhône. La grande majorité de l’activité halieutique concerne les amateurs qui taquinent le poisson essentiellement par plaisir. La pêche peut procurer, pour celui qui la pratique, tranquillité et exaltation. Elle est souvent vécue comme un moyen de s’extraire de la vie sociale. Le coin tranquille et la concentration sur le bouchon permettraient de trouver un certain calme intérieur. Le pêcheur est également adepte de sensations fortes dans son combat avec l’animal.
La gamme de matériel de pêche toujours plus sophistiqué s’élargit et se spécialise. Des sommes d’argent importantes sont investies dans l’achat de cannes, fils, leurres, flotteurs et autres accessoires spécifiquement élaborés pour des pratiques précises. Cette activité de loisir génère donc une activité économique considérable.
En outre, pour satisfaire de nouvelles demandes, des métiers ont vu récemment le jour dans le domaine du loisir. Des écoles de pêche dispensent l’apprentissage de techniques et la découverte de l‘environnement fluvial. Les associations organisent des concours, des « safaris » truite, alose, silure qui agrémentent la pratique d’une dimension compétitive.

L’équilibre piscicole exige une gestion raisonnée des populations de poissons pour éviter les effets néfastes d’une surexploitation. C’est pourquoi, une partie de la redevance du permis de pêche est consacrée au financement de l’entretien des zones de frai et à l’alevinage. Les piscicultures sont donc largement concernées par le lâcher régulier de spécimens d’élevage afin de garantir la pérennité des différentes espèces et une quantité satisfaisante pour les pêcheurs.
La pêche professionnelle a été brusquement interrompue à partir de septembre 2005 au niveau de Lyon. Cette interdiction est remontée jusqu’à Sault-Brenaz en 2006 et s’est étendue progressivement à l’aval jusqu’à l’embouchure (juillet 2007) par suite d’une succession d’arrêtés préfectoraux interdisant la consommation du poisson pêché dans le Rhône en raison de la contamination par les PCB. La situation est évolutive.


Comment évoluent la pêche et les pêcheurs depuis 20 ans ?


pecheur a lyon
Sur le Rhône et la Saône, le suivi des pêches s’est engagé à partir de 1988 avec le service de la navigation puis la DIREN Rhône-Alpes. Le Conseil supérieur de la pêche (devenu ONEMA par décret du 25 mars 2007) a pris le relais à partir de 1999, dans le cadre du suivi national de la pêche aux engins.



Comment évolue la pression de pêche ?


À l’échelle du Rhône, le nombre total d’autorisations (une autorisation par pêcheur et par lot) délivrées de 1988 à 2001 ne montre pas de tendance particulière, contrairement à la baisse des effectifs observée au niveau national. Les vieux pêcheurs, très nombreux à la fin des années quatre-vingt, ont trouvé des jeunes pour assurer la relève, sauf dans le Rhône deltaïque ou le nombre d’autorisations a diminué de moitié. La pression des pêcheurs aux lignes pour éliminer les pêcheurs aux engins n’est pas très forte sur le fleuve, les enjeux étant considérés comme peu importants. Cela risque de changer pour l’alose qui commence à être exploitée par la pêche à la ligne ou bien pour l’anguille si les captures sont limitées dans l’avenir.


Quelle est l’ampleur des captures ?


La capture par unité d’effort est en moyenne de 7 kg/j pour les amateurs et de 45 kg/j pour les professionnels, soit respectivement 88 et 2 217 kg/an, compte tenu du fort nombre de jours consacrés à la pêche par un professionnel. Les variations sont très importantes d’un pêcheur à l’autre, sans tendance particulière sur la période considérée.
Une étude disponible sur le site de la DIREN de bassin : http://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/milieux-continentaux/peche/.  montre que le débit a une influence primordiale sur les variations interannuelles d’abondance. Cette influence est différente d’une espèce à l’autre : la truite comme le brochet sont favorisés par les années à débits importants ; le sandre a besoin de débits importants suivis d’années plus sèches.
La réouverture des voies migratoires ou la restauration des habitats de reproduction a également un effet durable sur l’abondance des espèces migratrices. Avant l’aménagement du barrage de Vallabrègues, entre 1926 et 1944, les captures de migrateurs étaient estimées à 75 tonnes. En 1988-1989, elles étaient équivalentes, mais leur composition n’était plus la même. Le dernier esturgeon avait été capturé au globe sur le petit Rhône en 1972, les captures de lamproies marines avaient presque totalement disparu,
celles d’alose étaient divisées par six, au bénéfice de l’anguille et surtout du mulet. L’adaptation du fonctionnement des écluses pour permettre le passage des poissons sur les trois aménagements aval du Rhône permet désormais la remontée de l’alose jusqu’en Ardèche.


Comment évoluent les captures ?


La pêcherie repose sur des espèces introduites comme le sandre, le hotu ou l’écrevisse américaine. Sur les vingt dernières années, le silure s’est propagé de la Saône à l’ensemble de bassin du Rhône, avec dans certains secteurs des phases pionnières
durant lesquelles l’espèce a pullulé, comme dans le Rhône aval actuellement.
La demande du marché incite le pêcheur professionnel à rechercher certaines espèces en particulier (cas de la consommation des cyprinidés par les immigrants africains et asiatiques de l’agglomération de Lyon).
Lors de saisons particulièrement chaudes, comme durant l’été 2003, des captures record ont été réalisées dans la plupart des secteurs car l’activité des poissons, tributaire de la température, s’est prolongée sur une plus longue période qu’habituellement.


Ce qu’il faut retenir


La pêche a toujours été et reste une activité économique. Si elle est d’abord associée à un métier (le pêcheur professionnel) et à des pratiques de subsistance (l’exploitation des richesses piscicoles pour se nourrir), elle devient principalement au cours du xxe
siècle un loisir qui génère directement ou indirectement de l’activité économique.



question précédente | retour au sommaire |question suivante

Outils personnels